Mercredi 28 juillet 2010 à 11:53

 Le Magicien d'Oz - L. Frank Baum

" Lorsque Dorothée se tenait sur le seuil de la maison et regardait autour d'elle, elle ne voyait rien d'autre que la grande plaine grise. Pas un arbre, pas une construction ne se dressait dans l'immensité du paysage plat qui s'étendait à perte de vue. Le soleil avait cuit la terre labourée jusqu'à en faire une masse grise, ravinée de minuscules crevasses. Même l'herbe n'était pas verte, le soleil ayant grillé l'extrémité des longues tiges jusqu'à les fondredans la même inévitable couleur grise. Autrefois, la maison avait été peinte, mais le soleil avait boursouflé la peinture, et la pluie s'était chargée du reste. Aujourd'hui, elle était grise et terne, comme tout ce qui l'entourait."

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/11237005415090.jpgUn après-midi, j'avais fini un livre, et je n'avais rien d'autre à lire là où je me trouvait, alors j'ai filé dans la première librairie qui s'est présentée sur mon chemin, et j'ai cherché un petit livre ( car bien d'autres m'attendaient chez moi), juste de quoi passer le temps d'un après-midi. Et j'ai trouvé Le Magicien d'Oz. Ce classique raconte l'histoire de la jeune Dorothée, qui est transportée loin de chez son oncle et sa tante à cause d'un cyclone. Elle se retrouve en pays d'Oz, avec pour seule compagnie son chien Toto. Elle cherche à rencontrer le Magicien afin qu'il la renvoie chez elle, vu qu'il est doté de puissants pouvoirs. Sur son chemin, elle va rencontrer un épouvantail très sympathique mais sans cervelle, un bucheron en fer blanc sans coeur et un lion sans courage. Ces trois personnages vont accompagner la jeune fille dans sa quête, pour aller demander au Magicien de quoi combler leurs manques. Mais ce voyage, comme tous les voyages, est plein d'embûches, d'aventures... 

J'ai trouvé cette lecture agréable, mais sans toutefois voir un grand intérêt au niveau du style. On sent des redondances, des problèmes résolus en une ligne, comme si tout pouvait se régler facilement. Les personnages sont attachants et leur quête est assez divertissante. Les différentes contrées traversées présentent des personnages aussi divers qu'étranges. C'est un roman d'apprentissage basique, où les personnages ont un but et rencontrent des détracteurs. Ca se lit, bien même, mais bon je n'ai pas trouvé que c'était extraordinaire, j'ai trouvé Dorothée assez niaise, le Magicien ne m'en parlez pas... Je considère que c'est un classique, il faut savoir de quoi ça parle, et l'histoire en elle même pourrait être vraiment sympa, mais le style gâche un peu tout. Donc ce n'est pas un énorme coup de coeur. 

L. Frank. Baum. Le Magicien d'Oz. Paris : Librio, 2003. 125p.

Lundi 26 juillet 2010 à 19:56

 Sans raison - Patricia Cornwell

" Le patient de ce soir est affublé d'un numéro d'identification, mais il a un nom. Basil Jenrette. Il s'agit d'un meurtrier compulsif de trente-trois ans, moyennement anxieux, moyennement intelligent. Benton évite toujours le terme de "meurtrier en série". Il s'agit d'un terme si galvaudé. De plus, il n'apporte pas grand chose si ce n'est de mentionner de façon bien approximative qu'un tueur a déjà abattu plus de trois victimes au cours d'un certain laps de temps. Le mot "série" évoque des événements qui se succèdent. En revanche, cela n'indique en aucune façon les mobiles du criminel ni son état d'esprit, et lorsque Basil Jenrette tuait, il s'agissait d'une compulsion. Il ne pouvait pas s'arrêter."

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ATTENTION SPOILERS 

Encore un tome des enquêtes de Kay Scarpetta. Je sais, vous commencez à en avoir marre, mais il ne m'en reste plus que trois à lire, et j'aurai fini la série. Dans ce tome, on retrouve Scarpetta, en tant que consultante à l'Académie des Sciences légales de Floride. Elle travaille également en partenariat avec son amant, Benton Wesley, sa nièce Lucy , et toujours en compagnie de son ami, Pete Marino, qu'elle a de plus en plus de mal à supporter. Elle est confrontée à des meurtres  apparemment perpétrés sans raison, aucun lien apparent. Une famille composée de deux soeurs et deux petits garçons disparaît, une femme est retrouvée, tuée, avec des marques de tatouages en forme de main sur le corps. Tout le monde se retrouve impliqué plus ou moins personnellement dans ces affaires, et la tension monte au fur et à mesure.

Ce que j'aime dans ces livres, c'est que bien que le narrateur soit omniscient, on a les différents points de vue des personnages, les enquêteurs, les coupables ... Cela créé donc un climat assez particulier, parfois très frustrant car on connait énormément d'informations que les enquêteurs ne possèdent pas, et du coup, on est très impliqué dans l'histoire. Cela nous met vraiment en point central, en lien entre tous les détails. Les affaires sont d'une étonnante diversité au fil des tomes, ce qui permet de ne pas trop se lasser. Mais tout de même, je pense que je serai heureuse de terminer cette série de 17 tomes, que j'ai commencée il y a au moins quatre ans. 

Patricia Cornwell. Sans raison. Paris : Deux Terres, 2006. 554p.

Dimanche 18 juillet 2010 à 12:07

 
 Signe Suspect - Patricia Cornwell

" Fielding a débuté sa carrière en tant que thésard en médecine légale encadré par Scarpetta. Elle lui a enseigné l'anatomopathologie. Elle lui a appris non seulement la compétence, mais aussi la méticulosité et l'obstination nécessaires dans les enquêtes, les scènes de crime et les autopsies. Elle se souvient à quel point il bouillait d'impatience de travailler avec elle, de l'autre côté de la table. Il voulait tout absorber sans complexes, l'accompagner au tribunal lorsqu'il en avait le temps, pour l'écouter témoigner, ou s'asseoir face à elle dans son bureau afin de lui faire expertiser ses rapports, pour apprendre.  Une tristesse diffuse envahit Scarpetta. Aujourd'hui, Fielding est usé par son métier, une affection irrite sa peau, elle a été renvoyée et ils sont là, tous les deux. "

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Attention Spoilers

Treizième tome des enquêtes de Kay Scarpetta, et un nouveau mystère à élucider. Une jeune fille de quatorze ans est décédée alors qu'elle était atteinte de la grippe, aucune cause de décès apparent. Le médecin expert général de Richmond qui a remplacé Scarpetta fait appel à elle en tant que consultante, et ce n'est apparemment pas de gaîté de coeur. La perspective de retourner dans cette ville où elle a vécu et exercé son métier pendant tant d'années ne la réjouit pas non plus, et cela empire lorsqu'elle constate que ses anciens bureaux ont été démolis, afin d'en faire un parking. Tout à changé, même les gens qu'elle côtoyait auparavant. C'est un climat d'hostilité prononcée qu'elle va devoir mener son enquête, toujours secondée de son acolyte Pete Marino. Et à côté de ça, Lucy, la ,nièce de Kay, est traquée par quelqu'un qui semble en vouloir à sa vie. 

J'avais un peu d'appréhension à me mettre dans cette lecture, car Bâton Rouge avait été un peu moins distrayant à lire.  Je pense que c'était surtout au niveau de la traduction, je trouvais que l'écriture avait perdu tout son style, était assez plate, et je ne retrouvais plus cette touche qui me plaisait dans les premiers tomes. Et là, surprise, ce n'est pas du tout la même chose. L'écriture est fluide, avec un vocabulaire choisi, on retrouve ce petit je-ne-sais-quoi qui fait tout. Et en l'occurrence cela tient de la traductrice, car pour les derniers tomes, c'est Andrea H  Japp qui effectue la traduction française. C'est dire si le style s'est amélioré. De plus, j'étais contente de changer un peu de personnages, car ceux des trois tomes précédents étaient semblablement les mêmes. Là il y a un réel renouveau qui redonne une impulsion à l'histoire. Et les 500 pages se lisent vraiment très vite, il n'y a pas de longueurs, pas beaucoup de suspense non plus ( mais je ne peux pas en dire plus) mais cela ne gâche pas l'histoire, au contraire, car le lecteur possède des éléments que les personnages de l'histoire n'ont pas, et c'est un sentiment un peu frustrant, mais qui donne envie de poursuivre la lecture. 

Patricia Cornwell. Signe Suspect. Paris : Librairie Générale Française, 2006. 541p. 

Vendredi 16 juillet 2010 à 16:43

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/6a00e54fe4158b88330105356e63d7970b800wi.jpg Je n'ai pas vraiment le temps de lire en ce moment. Je cours partout, mais je n'ai pas pour autant envie de délaisser ce blog. Alors j'ai décidé de créer une nouvelle catégorie, qui vous fera découvrir ou redécouvrir les poèmes que j'aime, pour des raisons diverses. 

Le premier est un poème en anglais de W.H. Auden, que vous avez sûrement entendu dans le film Quatre mariages et un enterrement. Ce poème est lu lors de l'enterrement, et je l'ai toujours trouvé extrêmement beau, et bien sûr, mélancolique. Je vous laisse savourer. 


Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come. 

Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message He Is Dead,
Put crepe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves. 

He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong.

The stars are not wanted now: put out every one;
Pack up the moon and dismantle the sun;
Pour away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.

W.H. Auden

 

Samedi 10 juillet 2010 à 19:18

 Le Libraire - Régis de Sà Moreira

" Pour leur venir en aide, le libraire avait songé à organiser sa librairie comme un zoo. A déterminer les races des livres et à les regrouper en étagères de livres domestiques, étagères de livres sauvages, étagères de livres du désert, de livres des lacs et des forêts, de livres du Grand Nord, de livres migrateurs, de livres prédateurs, de livres ovipares, de livres omnivores, de livres chanteurs, de livres rieurs, de tout ce qu'on peur trouver dans un zoo, afin que les clients sachent mieux où ils allaient.
Le libraire s'imaginait déjà leur remettre un plan de la librairie et observer leur soulagement. 
Mais le libraire avait craint que ce soient les livres qui s'égarent, et cela aurait été, à ses yeux, pire que tout."

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/9782253113713G.jpgPour une future libraire, un livre qui s'intitule Le Libraire, c'est un peu un appel. Et puis, Léa m'avait dit qu'il y avait dedans des perles, des vraies, et donc j'avais hâte de m'y mettre. Je dois avouer que les premières pages ne m'ont pas spécialement envoûtées, le style est assez particulier et j'ai mis un peu de temps à trouver mes marques dans cette écriture. Et puis d'un coup c'est venu, comme une évidence. J'ai lu une phrase et je me suis dit que je n'avais jamais vu autant de poésie dans un livre. ( Il faut savoir que c'est une remarque que je me fais assez souvent ). Et chaque page prit enfin tout son sens, même si je ne suis pas sûre d'avoir tout compris, d'avoir saisi toutes les métaphores. C'est un récit, celui de la vie d'un libraire, de son quotidien. Il n'y a pas vraiment d'histoire, ce sont des anecdotes, c'est inclassable. C'est un libraire qui, pour ne pas vendre de la "merde" à ses clients, lit chaque livre qui est dans sa librairie. Et qui fête chaque client en buvant une tisane, dont le parfum est souvent influencé par le client d'ailleurs. C'est un libraire qui ne mange pas, et qui vit dans sa librairie, qui elle est en permanence ouverte. Il y voit toutes sortes de personnes, des couples qu'il abhorre, des enfants qui se réfugient dans les étagères du bas, des femmes qui pensent être dans une boulangerie... 

J'ai été extrêmement touchée par ce personnage totalement métaphorique, avec ses peurs, et ses moyens de répondre quand il perd le contrôle de tout : Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs. C'est une forme de poésie un peu à la Jonathan Safran Foer, une poésie tout en gravité. J'ai été émue et en même temps j'ai souris au moment où le libraire accueille la mort qui accroche sa faux au porte manteau, et à qui il lit de la poésie pour qu'elle blanchisse. Qu'il entraine à travers chaque rayon un homme qui cherche des magazines, en lui décrivant chaque livre, ou bien le fait de déchirer des pages de livres pour les envoyer à ses cinq frères et cinq soeurs. On ressent une étrange mélancolie à la lecture de cet ouvrage, et je ne sais pas trop comment décrire mes impressions, j'ai été vraiment touchée, et j'ai ri mille fois en même temps. Je ne peux que vous le conseiller, chaque page est une pépite. Oh, un autre moment que j'ai tellement aimé que je vous en redonne un extrait pour la peine : 

"Un client préféré s'approcha timidement du libraire. 
- Bonjour, lui dit le libraire.
- Bonjour monsieur, je cherche un poème... oui c'est ça, un long poème qui raconterait l'histoire d'un homme... d'un homme perdu... condamné à vivre une foule d'incidents... de péripéties... pendant longtemps... à peu près une vingtaine d'années, et puis à la fin qui retrouve sa femme.... et elle... elle... par je ne sais quel stratagème ... elle lui serait restée fidèle.
- J'ai ce qu'il vous faut, répondit le libraire. "

Régis de Sà Moreira. Le Libraire. Paris : Au Diable Vauvert, 2004. 190p.

L'avis de Bouquins, et de Raison et Sentiments

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