Mercredi 29 septembre 2010 à 17:32

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 Alors alors, avec toute l'agitation du départ et l'arrivée en Angleterre, je n'ai même pas eu le temps de faire un billet sur le SWAP auquel je vais participer. Il a été proposé par
Bleue et Violette et tourne autour des oeuvres de Jane Austen et de ses dérivés. Etant une grande fan de Jane Austen, je me suis dit que c'était un thème sympathique pour mon premier Swap. Ma swappée est Elnaië, je vais essayer de lui concocter un joli paquet, mais en tant que novice, je dois avouer que je ne sais pas trop par où commencer. Je vais faire de mon mieux, et commencer à réfléchir aux différents livres, gourmandises et petits cadeaux dès que j'aurai totalement terminé mon installation, ce qui devrait arriver dans les jours prochains. J'ai vu que Raison-et-sentiments avait déjà presque fait son colis entièrement, et je dois avouer que ça me stresse un peu =). Je lui demanderai peut-être des conseils. 

En tous cas je suis assez heureuse de pouvoir participer à ce Swap, et ma swappée ( qui est aussi ma swappeuse) à l'air totalement charmante, ce sera donc un plaisir de concocter ce petit paquet. 

Ps : Vous avez vu ce logo totalement chou et génial ? =)

Mardi 28 septembre 2010 à 10:18

 Les Hommes à terre - Bernard Giraudeau

" Un port regarde la mer, forcément. Il attend les étraves, vous accueille à quais ouverts, vous protège. C'est un refuge cosmopolite. Un port, c'est féminin. C'est une femme qui vous berce au clapot, vous console des nuits de quart. C'est une mère qui vous donne ses filles à baiser. Alors le marin, comme l'oiseau migrateur, met le cap d'instinct vers le sein et le téton salvateur. Même la bleusaille qui débarque pour la première fois, le nez en l'air, a un compas dans la tête. Les pompons rouges naviguent au jugé vers les bars et les eldorados du sexe comme des insectes attirés par la lumière vive. Ce sont les mêmes enseignes partout, des néons hallucinogènes et des musiques qui pleurent jusqu'au caniveau."

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/51qnu3kj9WL.jpgAprès avoir été complètement captivée par Cher amour, je reviens vers Giraudeau pour un recueil de nouvelles sur la mer, les marins, et plus précisément les marins lorsqu'ils ne sont pas en mer. D'où le titre du recueil : Les Hommes à terre. C'est cela qui est beau je trouve, parler de l'ambivalence entre la vie en mer, et l'errance  sur terre, en attendant de remettre les voiles, de repartir pour un tour du monde, d'autres ports, d'autres femmes, d'autres vies. Chaque nouvelle parle d'un marin, entre celui qui tombe amoureux de la fille de sa femme, ou celui qui a vécu deux belles histoires d'amour, à chaque bout du globe, celui qui s'abîme dans les bars sans jamais coucher avec des femmes, mais qui un jour tombe sur une sublime créature qui a une requête un peu étrange à lui soumettre. On voyage en même temps que les personnages, et inlassablement on revient à terre avec eux, plein d'un sentiment étrange, d'être comme étranger à cette terre, à ces ports sans cesse les mêmes et sans cesse autres. 

Le style de Giraudeau n'est pas différent de celui utilisé dans Cher amour. C'est cru, certes, ( il y a des nouvelles proches de l'érotisme ), mais en même temps c'est très poétique, avec des métaphores auxquelles on aurait pas pensé, des images surprenantes, combinaisons de concepts. C'est une écriture qui est très visuelle, ce qui fait que le lecteur n'a pas des mots devant lui, mais des paysages, des photographies prises sur le vif. C'est surtout l'attente qui est bien décrite, ces relations en pointillés, construites au fil des voyages, des retours, pour combien de temps ? L'auteur n'oublie jamais que derrière les marin il y a les familles, les épouses, les amantes, les enfants, les êtres qui se meuvent, qui évoluent au rythme de la mer, de ce qu'elle prend et de ce qu'elle veut bien rendre, des joies des retours, des peines des naufrages, de la haine pour la mer, cette femme qui prend les hommes et qui peut les garder pour elle, pour toujours. C'est une très jolie lecture, que je vous conseille, mais peut-être pas la meilleure pour commencer avec Giraudeau. 

Bernard Giraudeau. Les Hommes à terre. Paris : Points, 2009. 207p.

Mercredi 22 septembre 2010 à 10:27

Millénium 1 : Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes - Stieg Larsson

" Henrik Vanger examina ses mains un bref instant et sirota ensuite un peu de café comme s'il avait besoin d'une petite pause avant de pouvoir enfin en venir au fait. 
- Mikael, avant d'entrer dans les détails, Je voudrais qu'on se mette d'accord.Je voudrais que tu fasses deux choses pour moi. L'une est un prétexte et l'autre est ma véritable requête. 
- Quelle sorte d'accord ? 
- Je vais te raconter une histoire en deux parties. Une partie qui parle de la famille Vanger. C'est le prétexte. C'est une histoire longue et sombre, mais je vais essayer de m'en tenir à la stricte vérité. L'autre partie de l'histoire traite de ma véritable requête. Je crois que par moments tu vas interpréter mon récit comme...de la folie. Ce que je veux, c'est que  tu écoutes mon histoire jusqu'au bout - ma demande et mon offre - avant de prendre la décision d'accepter le boulot ou pas."

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/9782742793099.jpgDès que la premier tome de Millénium est sorti en poche, j'ai foncé chez un libraire, et sur les bons conseils d'une amie, j'ai craqué. Mikael Blomkvist est journaliste économique, propriétaire de la revue Millénium. Il est condamné pour diffamation après avoir tenté de démasquer un escroc de premier choix derrière le grand industriel Wenneström. Sa popularité est en baisse, et il va même devoir accomplir quelques mois de prison. Au milieu de ce qui lui semble être un chaos total, Henrik Vanger, ancien PDG des entreprises Vanger, fait appel à lui pour une affaire de la plus haute importance. Il souhaite que Mikael s'installe sur son île et écrive une histoire de la famille Vanger. Ceci n'est qu'un prétexte pour pouvoir avoir accès à toutes les informations qu'il souhaite. La réelle mission de Mikael est de découvrir comment Harriet Vanger, nièce d'Henrik, à disparu quelques trente cinq ans plus tôt. Il est persuadé qu'elle a été assassinée par quelqu'un de la famille Vanger, mais il ne sait pas qui. C'est à Mikael de remettre en ordre les pièces du puzzle, aidé par Lisbeth Salander, génie de l'informatique associable. Mais beaucoup n'apprécient pas que l'on remue la boue de la famille Vanger, et cela va mettre les deux protagonistes dans des situations dangereuses. 

D'habitude, je ne suis pas très emballée par ce qui a du succès. Mais là, je dois avouer que je comprends ce qui a séduit déjà dix millions de lecteurs ( pour la version grand format ). L'enquête est terriblement prenante, et le lecteur a vite deux possibilités. Soit il le laisse porter par l'histoire, en attendant de découvrir ce qu'il se passe, comme en suivant le courant, soit il se sert de ce que l'auteur met à sa disposition pour effectuer l'enquête en parallèle, afin de découvrir avant Mikael Blokvist ce qui est arrivé le jour de la disparition d'Harriet. C'est assez terrifiant d'être confronté à une disparition en vase clos, sur une île ( ce jour là inaccessible à cause d'un accident sur le pont qui la relie à la terre ), toutes les possibilités sont à considérer, et l'étau se resserre petit à petit. Le style est assez bon, et là où l'auteur sait comment prendre son lecteur, c'est en changeant régulièrement les sujets. Au moment où le suspense est intense du côté de Mikael Blomkvist, il va tout simplement parler de Lisbeth Salander. Cela oblige à continuer la lecture. Je me suis d'ailleurs beaucoup attachée à ce personnage de jeune fille paumée, prise entre son tuteur et son boulot de hacker informatique. Au début je pensais ne pas m'attacher à elle, mais finalement elle est assez irrésistible.  Il me semble que les relations entre les personnages soient assez bien détaillées, le dénouement est rapide, mais je ne vois pas trop comment il aurait pu durer plus longtemps. Alors ça me semble être une réelle bonne lecture. 

Stieg Larsson. Millénium 1: Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes. Arles : Actes Sud. 2010. 706p.

Samedi 18 septembre 2010 à 11:34

 L'Education d'une fée - Didier van Cauwelaert

" La descente aux enfers avait commencé le 6 juillet, par une remarque anodine :"Tu ronfles." J'avais cru Ingrid sur parole, bien qu'elle ne m'ait jamais fait de réflexion à ce sujet en quatre ans de nuits communes. Quand elle se plaignait que je l'empêchais de dormir, jusqu'à présent, c'était plutôt un compliment. Nous revenions d'une semaine à Disneyworld, Raoul et moi, j'étais sous le coup du décalage horaire, et il m'avait fallu quelques jours pour commencer à envisager que peut-être mes ronflements étaient une réalité ancienne, mais que la gêne était nouvelle. De là à y voir le reflet d'un désagrément plus profond, voire un prétexte pour m'inciter à faire chambre à part, il n'y avait qu'un pas que je mis pourtant une semaine à franchir."

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J'ai trouvé ce livre par hasard, en traînant dans une librairie. J'avais entendu parler de l'auteur, on me l'avait conseillé, mais je n'avais jamais fait le premier pas pour aller vers lui. Nicolas Rockel est un homme assez ordinaire jusqu'au jour où il rencontre Ingrid. Ingrid est avec Raoul, son fils. Elle est veuve et il est orphelin. Nicolas ne sait pas qu'en les rencontrant dans cette navette Air France ils vont s'inscrire de manière irrémédiable dans sa vie. C'est une sorte de coup de foudre absolu, pour ces trois personnes. La vie commune et le mariage les rendent d'autant plus heureux, il y a là l'image d'une famille unie, où même les morts trouvent leur place, entre la soeur adoptée parce que sa concession allait être reprise, ou bien le père décédé présent dans les fines herbes, les chiens conservés en boîte de café... Bref, c'est parfait, jusqu'au jour où ça ne l'est plus. Nicolas découvre que sa femme veut le quitter parce qu'elle l'aime encore, et qu'il n'y a rien à faire pour aller contre ça. C'est là que la fée entre dans l'histoire.

Je dois avouer que je me suis trompée de fée. je pensais que c'était un autre personnage, ça aurait été logique. Et puis non, mais c'est d'autant mieux. J'ai pris l'histoire principale pour une histoire secondaire et inversement, je me pensais pas à l'impact qu'allait avoir un des personnages sur cette histoire, et je dois avouer que j'ai été enchantée de voir que je m'étais trompée. Il y a du bon à prendre la mauvaise direction dans un roman, on est sûr de ne pas s'ennuyer. Les personnages sont tous très attachants, même si j'ai été assez incapable de comprendre totalement Ingrid. Pourtant elle me semble pleine de bonnes intentions mais ça ne marche pas, j'étais trop attachée à Nicolas, Raoul et César. Le style est très bon, cela me fait penser un peu à du David Foenkinos, je retrouve la poésie, l'humour, la légèreté dans les choses graves. C'est quelque chose qui me plait. Le dénouement est bon, je n'ai rien à redire, c'est court mais c'est juste ce qu'il faut. Quoique j'aurais aimé que la partie de César soit un peu plus développée, mais on a quand même pas mal d'informations. C'est un roman qui sonne juste, et que je conseille. ( Et maintenant je comprends mieux la couverture. )

Didier van Cauwelaert. L'Education d'une fée. Paris : Livre de Poche, 2002. 222p.

Samedi 11 septembre 2010 à 12:16

 
 La Joie de vivre - Emile Zola


"  La mer, cependant, battait deux fois par jour Bonneville de l'éternel balancement de sa houle, et Pauline grandissait dans le spectacle de l'immense horizon. Elle ne jouait plus, n'ayant point de camarade. Quand elle avait galopé autour de la terrasse avec Mathieu, ou promené au fond du potager la Minouche sur son épaule, son unique récréation était de regarder la mer, toujours vivante, livide par les temps noirs de décembre, d'un vert délicat de moire changeante aux premiers soleils de mai. L'année fut heureuse d'ailleurs, le bonheur que sa présence semblait avoir amené dans la maison se manifesta encore par un envoi inespéré de cinq mille francs, que Davoine fit aux Chanteau, pour éviter une rupture dont ils le menaçaient. "


http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/9782070359400FS.gifDans ce tome des Rougon-Macquart, la petite Pauline est envoyée chez un oncle et une tante, après la mort de ses parents ( personnages principaux dans Le Ventre de Paris ). Elle y découvre la vie au bord de la mer, à Bonneville en Normandie. Elle y trouve un cousin âgé de neuf ans de plus qu'elle, mais qui devient son compagnon de jeu favori. Les deux jeunes gens se traitent en frères, passant des heures à la plage, à faire des ballades ou à inventer mille jeux divertissants. Tout ceci peut sembler idyllique, mais Pauline est peu à peu dépouillée de la fortune qu'elle avait emporté avec elle. Sa tante, sous des airs de parfaite bonne foi, ne peut s'empêcher de puiser dans les ressources de sa nièce, pour payer de petites dépenses. Au bout de quelques années, c'est la moitié de la fortune qui a été mangée, sans que l'enfant s'en rende compte, sans cesse absorbée par sa générosité et sa volonté de faire plaisir à ceux qui l'ont recueillie. Lorsqu'elle a seize ans, on ose évoquer la possibilité d'un mariage entre elle et son cousin Lazare. Ce projet qui l'emplit de joie va peu à peu être la source de son chagrin et de ses déceptions.

Dans le titre, La Joie de vivre, Zola ne pouvait pas mettre plus d'ironie. En effet, dans ce roman, tout semble être parfait en apparence, et dès que l'on cherche un peu, sous la surface, c'est  une lente décomposition du bonheur qui s'opère. Entre la tante avare, menteuse, hypocrite ; l'oncle voué à des attaques perpétuelles de goutte, ne voulant que Pauline pour le soigner ; le cousin névrosé, qui passe sa vie à s'absorber dans des projets, puis abandonne tout et est repris par son ennui et sa peur de mourir ; voilà un tableau qui est peu reluisant. Au milieu de tout ça, Pauline cherche à faire le bien, à rendre chacun heureux, au détriment de son propre bonheur. Elle est pleine de bonté et se fait manger de toute part, elle sacrifie son argent, son coeur, son bonheur, à des gens qui n'en valent pas la peine, et qui ne seraient pas capables du dixième à l'égard de la jeune fille. J'ai vraiment aimé ce roman, même si j'ai été mal à l'aise, et que j'ai éprouvé énormément de compassion pour Pauline. Ca me rendait malade de la voir se faire détruire subtilement par des gens qui prétendaient l'aimer et l'aider. Et qui plus est, lui faisaient sentir qu'elle leur était redevable d'avoir été accueillie chez eux. Zola frappe très fort sur cette oeuvre, c'est un huis clos, on ne sort pas de la maison et de la plage, tout est donc concentré sur les actions et les pensées des personnages au sein de la structure familiale. C'est destructeur à souhait. 

Emile Zola. La Joie de vivre. Paris : Gallimard, 2008.390p.

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