Samedi 22 janvier 2011 à 20:12

 Un safari arctique - Jorn Riel

" Tous les ours blancs ne prennent pas leurs quartiers d'hiver. Et tous les ours en hibernation ne dorment pas jusqu'à la fin de l'hiver. Même pendant la période la plus froide et la plus sombre de l'année, on peut tomber sur un de ces randonneurs solitaires qui font l'impasse sur leur sommeil d'hiver ou qui, pour une raison ou une autre, ont été réveillés avant le retour de la lumière. C'est un lascar de cet acabit qui s'en prit à Siverts à quelques kilomètres de la cabane de chasse " la Villa de la Falaise". Evénement frappant en soi, car au Groenland il est assez inhabituel que ce soient les ours qui chassent les hommes. Le plus souvent ils se cachent, et s'ils n'ont pas de chance, qu'ils sont découverts par les chiens, ils essaient de s'échapper. Mais cet ours-là était différent. Peut-être après quelques mois d'hibernation avait-il épuisé ses réserves de graisse et avait-il été réveillé par la faim qui le tenaillait, ou encore venait-il des alentours du détroit de Béring, où il est de notoriété publique que les ours ne sont pas tout à fait dans les normes et attaquent, tuent et dévorent leurs ennemis à deux pattes avec la plus grande délectation. " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/safariarctiqueriel.jpgMon père m'a offert ce livre à Noël, et je dois avouer que c'était une découverte complète, n'ayant jamais entendu parler de l'auteur. Il s'agit d'un recueil de nouvelles sur le Groenland, sur la vie des chasseurs, la vie quotidienne, le manque féminin parfois, mais aussi des anecdotes amusantes. La première nouvelle parle de la difficulté d'adaptation à la vie en Arctique. La lumière incessante de l'été, puis la nuit permanente de l'hiver ont souvent raison du moral et des nerfs des chasseurs, surtout les deux ou trois premières années. Dans la deuxième nouvelle, on a affaire à un ours un peu sauvage qui s'en prend au pauvre Siverts, et comment une balle perdue peut sauver une vie. Ensuite les pauvres Valfred et Hansen se retrouvent en haut d'un iceberg, avec leur bateau, à attendre de dégeler, ou bien de dériver dans une direction assez aléatoire. La nouvelle " Ce qu'il advint d'Emma par la suite " montre à quel point la solitude peut peser sur le moral des chasseurs, et comment avec quelques trocs, on s'invente la femme rêvée, celle qui réchauffe et qui rend moins seul. Un safari arctique punit l'avarice du Capitaine Olsen, et met nos chasseurs bourrus en présence d'une Lady, venue pour chasser le boeuf musqué. Enfin, le rat termine cette série de nouvelles, en montrant encore une fois la mauvaise fois d'Olsen, et comment il finit par payer cher ses tours de passe-passe. 

J'ai eu du mal à être absorbée par ce recueil, et je dois avouer que la lecture en a été un peu laborieuse parfois. Je ne sais pas si c'est dû au sujet ou bien au style, mais je n'ai pas réussi à rentrer dedans. Il y a des nouvelles que j'ai trouvées assez rigolotes, comme celle du Rat, ou bien Une balle perdue. L'aventure de Valfred et Hansen m'a fait sourire, mais j'ai l'impression d'avoir vu tout ça de très loin, et de ne pas être rentrée dans le roman, de ne pas avoir vraiment côtoyé les personnages. Et c'est dommage, parce que c'est un ouvrage qui permet de se renseigner sur le Groenland, que l'on connaît finalement assez peu. En tous cas pour moi c'était vraiment une terre inconnue jusqu'à aujourd'hui. Les traditions des chasseurs, les modes de vie m'étaient totalement étrangers, mais maintenant j'ai l'impression d'avoir acquis certaines connaissances par rapport à cette culture. La chasse ,le séchage des peaux, la préparation de la nourriture, les expéditions en traîneau, maintenant je peux visualiser un peu plus ce à quoi ça peut ressembler. On sent que l'auteur sait de quoi il parle, puisque Jorn Riel a été dans les déserts arctiques, et utilise ( à mon avis ), des anecdotes qu'il a pu voir, ou entendre lorsqu'il était là-bas, ou tout du moins s'en inspirer largement. Ce n'est pas un coup de coeur, mais c'est divertissant. 

Jorn Riel. Un safari arctique. Paris : 10/18, 2009. 158p.



Mercredi 19 janvier 2011 à 19:00

 La Terre - Emile Zola 

" Et une autre querelle s'éternisa. La vie des deux vieux fut fouillée, étalée, discutée besoin par besoin. On pesa le pain, les légumes, la viande ; on estima les vêtements, rognant sur la toile et sur la laine ; on descendit même aux petites douceurs, au tabac à fumer du père, dont les deux sous quotidiens, après des récriminations interminables, furent fixés à un sou. Lorsqu'on ne travaillait plus, il fallait savoir se réduire. Est-ce que la mère, elle aussi, ne pouvait se passer de café noir ? C'était comme leur chien, un vieux chien de douze ans qui mangeait gros, sans utilité ; il y avait beau temps qu'on aurait dû lui allonger un coup de fusil. Quand le calcul se trouva terminé, on le recommença, on chercha ce qu'on allait supprimer encore, deux chemises, six mouchoirs par an, un centime sur ce qu'on avait mis par jour pour le sucre. Et en taillant et retaillant, en épuisant les économies infimes, on arriva de la sorte à un chiffre de cinq cent cinquante et quelques francs, ce qui laissa les enfants agités, hors d'eux, car ils s'entêtaient à ne pas dépasser cinq cent francs tout ronds. " 


http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/9782253082217G.jpgJ'avance, petit à petit dans mes Rougon Macquart. Dans la Terre, l'histoire n'est pas réellement centrée autour de la famille Macquart, car Jean est un personnage presque secondaire. Il revient de la guerre, où il n'a pas vu grand chose, et travaille la terre dans une ferme. L'histoire principale est celle des Fouan, famille désunie devant le partage des biens et des terres. Le Père Fouan et sa femme se décident à partager leur bien en trois, tout en prenant leur retraite. Les trois enfants vont se battre pour avoir les meilleurs lots possibles, mais également pour pouvoir dépenser aussi peu d'argent qu'ils le peuvent pour leurs parents. L'ingratitude de ces paysans n'ayant pas de borne, bientôt la famille ne comptera même plus, et ils vont s'entre-dévorer pour un champ, une maison, des titres. Au fil des années, les personnes les plus unies vont finir par se détester, dans ce même amour destructeur de la terre. Il faut se tuer au travail, et essayer de garder ce que l'on peut pour soi. Lorsque Jean s'éprend d'une nièce du vieux Fouan, il ne se doute pas tout à fait des embêtements dans lesquels il se fourre. On finit par découvrir des personnages sans aucun scrupules, qui pourraient aller jusqu'au meurtre pour satisfaire leurs appétits, que ce soit en rapport avec la terre, mais également avec la chair. 

Je pense que ce roman peut -être qualifié comme le plus trivial de la série ( tout du moins jusque-là, il m'en reste encore quatre ou cinq. ) Tout y est décrit avec une crudité parfois à la limite de l'intolérable. Et il est certain que c'est une lecture dont on ne peut pas sortir tout à fait indemne. Déjà, l'ingratitude des enfants m'a frappée. De voir ces paysans, prêts à rogner sur tout pour ne pas donner un sou à leurs parents, qui ont pourtant passé tant d'argent à les élever. On sent qu'une fois que les parents ne travaillent plus, ils ne sont plus rien, moins que des bêtes que l'on chasserait volontiers à coups de pieds au train. Et toujours il est question de se manger pour quelques arpents, pour des meubles, une chemise. On sent que les personnages sont pleins de rancune, de bile qu'ils se crachent au visage, et ça fait assez mal au coeur. Je pense notamment à Lise et Françoise, toutes les deux si unies au début du roman, et aux antipodes de cela à la fin. Le personnage de Buteau m'a répugnée, il m'a donné envie de vomir, à toujours essayer de violer sa belle-soeur, qui se défend comme elle peut. Et puis les gens changent d'avis tellement rapidement, à se raccommoder pour mieux se détruire par derrière. Je ne pensais pas que Zola irait jusqu'au meurtre, et cette dernière infamie m'a révoltée. Le personnage de la Grande est assez intéressant, se moquant de tout le monde, jurant la perte des siens, arrêtée sur ses opinions et cherchant toujours un peu plus à garder pour elle, enterrant les siens petits à petits, et restant toujours là, dans sa vieillesse, à regarder les choses se dégrader. C'est un roman qui vaut définitivement la peine d'être lu, ne serait-ce que pour la vision assez moderne de Zola sur l'évolution possible de l'agriculture. 

Emile Zola. La Terre. Paris : Le Livre de Poche, 2008, 482p.

Mercredi 12 janvier 2011 à 22:47

 Un roman français - Frédéric Beigbeder 

" Souvent je reconstruis mon enfance par politesse. "Mais si, Frédéric, tu te souviens ?" Gentiment, je hoche la tête :" Ah oui, bien sûr, j'ai collectionné les vignettes Panini, j'étais fan des Rubettes, ça me revient maintenant." Je suis navré de l'avouer ici : rien ne revient jamais ; je suis mon propre imposteur. J'ignore complètement où j'étais entre 1965 et 1980 ; et c'est peut-être la raison pour laquelle je suis égaré aujourd'hui. J'espère qu'il y a un secret, un sortilège caché, une formule magique à découvrir pour sortir de ce labyrinthe intime. Si mon enfance n'est pas un cauchemar, pourquoi mon cerveau maintient-il ma mémoire en sommeil ? "

 
http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/unromanfrancais.gifAprès avoir entendu et lu beaucoup de critiques positives sur ce livre, je me suis dit qu'il était peut-être temps pour moi de découvrir l'écriture de Beigbeder. Je m'attendais à être déçue, parce que je devais sûrement avoir des préjugés. Il n'en est rien, j'ai passé un excellent moment en lisant ce livre. L'auteur commence en disant tout net qu'il ne se souvient pas de son enfance, qu'il n'a qu'un seul souvenir, et encore. Et puis il y a la garde à vue pour usage de cocaïne. Les heures passées en cellule lui ouvrent l'esprit, le besoin d'échapper à un sentiment de claustrophobie le fait remonter dans le temps, il se découvre des souvenirs qu'il croyait perdus à jamais. Avant de parler de lui, il parle de sa famille, de ses aïeux, de ses grands-parents, de la rencontre entre son père et sa mère, à Guéthary, l'histoire d'un amour, et la naissance des enfants. Et de sa vie, du divorce de ses parents, de la manière dont il a ressenti cette enfance surprotégée. C'est un peu comme si l'auteur avait tiré sur un fil et déroulé toute une bobine de souvenirs. Une image en appelle une autre, et comme un puzzle, morceau par morceau on arrive à reconstituer une image un peu floue, mais bien là.

Et moi qui pensait trouver un auteur arrogant, sûr de lui, de sa valeur, je me suis trouvée face à un petit garçon un peu perdu dans cette vie qui file un trop vite, et parfois sans lui. On trouve un sentiment de gratitude permanent. Les parents sont remerciés, admirés, avec une sorte d'hommage discret mais si fort. C'est très beau. On sent l'ironie et la causticité puissantes de l'auteur, mais on y trouve aussi une grande part de poésie, d'images douces, rien à voir avec la violence de sa vie nocturne. On peut avoir une idée des sentiments de cet enfant, dont les parents ne parlent pas de la séparation, et qui va de déménagement en déménagement, pour suivre les coups de coeur de sa mère ; qui fait le tour du monde avec son père, une sorte de James Bond avec une Aston Martin. Et la figure du grand frère, tellement centrale, ce frère si parfait, qui rentre dans le rang et qui condamne le jeune Frédéric à se démarquer, à devenir son opposé. On découvre également un petit garçon rougissant, saignant du nez pour un rien, avec si peu de confiance en lui, et du coup, l'image arrogante de l'auteur semble disparaître comme par magie. On le trouve attachant de Beigbeder, tant dans ses frasques enfantines, que humble et nu dans sa cellule, en proie à la peur et à la solitude pour quelques heures de réflexion. La fin du livre, centrée sur sa fille, est très émouvante. On voit que l'auteur est aussi un père, avec ses angoisses et ses incertitudes, et sa volonté de tout faire pour le bonheur de sa fille. Bref, c'est très réussi, on ne s'ennuie pas une seule seconde, tout est bien pensé et bien dit. 

Frédéric Beigbeder. Un roman français. Paris : Le livre de poche, 2010. 246p. 

Lundi 10 janvier 2011 à 22:17

 Elle s'appelait Sarah - Tatiana de Rosnay

"
Il y avait trois mois de cela, sa mère avait cousu les étoiles sur tous leurs vêtements. sauf sur ceux de son petit frère. Quelques temps auparavant, leurs cartes d'identité avaient été tamponnées des mots "Juif" ou "Juive". Puis il y eut tout un tas de choses qu'ils ne furent plus autorisés à faire. Jouer dans le square. Faire de la bicyclette. Aller au cinéma. Au théâtre. Au restaurant. A la piscine. Emprunter des livres à la bibliothèque.
Elle avait vu fleurir les panneaux un peu partout : "Interdit aux Juifs". Et sur la porte de la fabrique où travaillait son père, un écriteau signalait  " Entreprise juive". maman devait faire les courses après seize heures, quand il ne restait plus rien dans les magasins à cause du rationnement. Ils devaient voyager dans le dernier wagon de la rame de métro. Et être rentrés chez eux pour le couvre-feu, et ne pas quitter leur domicile avant le lever du soleil. QUe leur était-il encore permis de faire ? Rien. Rien, pensa-t-elle. "

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/51yptEn7GJL.jpgAprès en avoir pas mal entendu parler, je me suis dit qu'il fallait bien que je voie à quoi ressemblait " Elle s'appelait Sarah". Je l'ai commencé hier soir, et j'ai littéralement dévoré les cent premières pages, sans m'arrêter. La petite Sarah à dix ans quand un matin, elle est réveillée par les coups des policiers français contre la porte d'entrée. Nous somme le 16 juillet 1942, et la Rafle du Vel d'Hiv commence. Avec ses parents, elle doit partir, mais elle enferme son petit frère Michel dans un placard, en lui promettant de venir vite le délivrer. Des années plus tard, Julia Jarmond, journaliste américaine vivant à Paris depuis 25 ans, doit écrire un article pour la commémoration de la Rafle du Vel d'Hiv. Elle commence à se renseigner sur cet évènement que peu de français connaissent, et dont encore moins veulent parler. Elle rassemble des informations et apprend que l'appartement dans lequel elle s'apprête à emménager avec son mari et leur fille a été le témoin d'un drame. Que cet appartement était celui où vivait la petite Sarah. Julia va s'attacher à cette petite fille dont elle chercher à retrouver la trace, ou tout du moins à savoir ce qui est advenu d'elle, car elle n'a pas été envoyée à Auschwitz, sa trace à été perdue avant. 

L'histoire est extrêmement prenante, il faut l'avouer, et on a du mal à se décrocher du livre tant qu'on ne l'a pas terminé. La Rafle du Vel d'Hiv est un passage extrêmement noir de l'histoire française, notamment par rapport à la place des français dans cette acte de barbarie. Non contents d'avoir aidé la police, certains ont même poussé le zèle jusqu'à dénoncer, trahir. Et c'est un passage que l'on se garde bien d'enseigner à l'école, Il m'a fallu attendre mes 18 ans pour entendre parler de la Rafle du Vel d'Hiv, et je trouve que c'est aberrant. Mais en ce qui concerne ce livre ( car le but de cette critique est bien d'en parler ), j'ai trouvé que l'auteur mettait bien cet aspect en valeur. Le fait que le personnage principal soit une américaine renforce cette idée, car elle a un regard extérieur. Le style est très fluide, et les transitions entre les chapitres sont parfaites. J'avoue que quand les chapitres de l'histoire de Sarah s'arrêtent, j'ai été surprise, et j'avais encore plus envie de connaître la suite, d'apprendre ce qui s'était passé. Il y a des personnages très forts, que l'on aime et d'autres que l'on déteste un peu, comme le mari de Julia. La fille, Zoë est assez adorable, et on sent une maturité que l'on retrouve chez le personnage de Sarah. Il y a plein de petits rappels comme cela au fil du livre, des liens qui tissent les deux histoires pour les rapprocher. Le style est émouvant, mais sans tomber dans le pathos insupportable. C'est une écriture qui remue, bien sûr, parce que le sujet est assez conséquent, mais j'ai trouvé que c'était assez juste, et que ça pouvait rendre compte d'une certaine réalité des choses. L'histoire du petit frère est forcément très émouvante, et un peu pathétique ( dans le sens premier du terme), mais c'est un roman, pas un livre d'histoire, et chaque roman a besoin d'accrocher son lecteur. C'est réussi pour celui-ci, en tous cas avec moi.  Je vous le conseille donc vivement. 

Tatiana de Rosnay. Elle s'appelait Sarah. Le livre de Poche : Paris, 2010. 402p.


Samedi 8 janvier 2011 à 13:58

 Le Mystère de Callander Square - Anne Perry

" En une demie-heure, pendant qu'il faisait encore jour, Pitt examina le petit corps, fouilla la terre meuble à la recherche d'éventuels indices et trouva le second cadavre, minuscule, froid et difforme. Il les expédia en ambulance avec le médecin, renvoya McBeath, livide et tremblant, dans ses pénates et posta Batey et ses hommes autour du jardin. Il n'y avait rien d'autre à faire ce soir-là, sinon attendre les conclusions du médecin sur l'âge des bébés, la date présumée de leur décès et , si possible, le mal dont souffrait le second, enterré en profondeur avec son crâne déformé. Il ne fallait tout de même pas trop espérer établir les causes de leur mort. " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/9782264035240FS.gifJ'avais été assez séduite par L'Etrangleur de Cater Street, et quand j'ai découvert que c'était le premier tome d'une série, je me suis empressée d'acheter le second : Le Mystère de Callander Square. On y retrouve Charlotte Ellison, et l'inspecteur Thomas Pitt, personnages hauts en couleurs plongés dans une sombre histoire : Deux cadavres de bébés ont été retrouvés dans la terre de Callander Square ... Il peut s'agir de la faute d'une bonne qui ne pouvait pas risquer de perdre sa place et a tué ses enfants, ou bien les enfants étaient morts-nés, mais le mystère reste entier. Il faut interroger les habitants des maisons du square : La famille Balantyne, dont la fille semble cacher un bien embarrassant secret, les Bolsover, dont le mari, Freddie, n'est peut-être pas aussi bon qu'il en a l'air, la famille Southeron, où le brave Reggie semble s'accorder quelques divertissements avec les femmes de chambres, les Doran, dont la fille Helena, s'est enfuie depuis deux ans avec un inconnu, et dont on n'a plus jamais eu de nouvelles.... Toutes les familles semblent cacher quelque chose, ou être prêtes à mentir pour protéger leurs intérêts et leur réputation. Avec l'aide de sa soeur Emily, Charlotte Ellison va essayer de résoudre cette enquête, en parallèle avec Thomas Pitt. Parfois, les conversations mondaines en disent plus que les interrogatoires de police... 

Encore une fois le mystère reste à peu près entier jusqu'à la fin. Je dois avouer que malgré mes suppositions, je n'avais aucune idée du coupable, et j'ai été assez surprise. Le style reste égal au premier livre, c'est fluide, et il n'y a aucun problème à la lecture. Ca n'est pas, comme je l'ai déjà dit, de la grande littérature, mais c'est extrêmement plaisant et les personnages sont attachants. Autant dans le premier tome, Emily m'avait été un peu indifférente, autant dans cet ouvrage elle montre toute la force de caractère dont elle est capable, en plus de sa détermination. Charlotte est également un personnage très agréable, et je pense que, malgré son allure débraillée, l'inspecteur Pitt est assez plaisant. J'ai été assez émue par ces personnages féminins ( les femmes de Callander Square) qui vivent avec des maris qui les trompent. Ils pensent le cacher suffisamment bien, mais elles le savent, et ont la dignité de ne pas faire de scandale, d'endurer tout sans broncher. Je trouve que cela montre une certaine intelligence, elles sont beaucoup plus fines qu'eux, et quand elles ont des amants, les maris ne le savent pas. Elles sont donc aussi plus discrètes. J'ai l'impression que dans ses ouvrages, Anne Perry prend plaisir à montrer la force des femmes à cette époque, qui avaient assez peu de choix, mais faisaient en sorte de diriger leur foyer en faisant croire à leur mari que c'était eux. 

Anne Perry. Le Mystère de Callander Square. Paris : 10/18, 2010. 383p.

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