Lundi 28 février 2011 à 19:10

 L'armée des ombres - Joseph Kessel

" - Comment cela s'est fait, je n'en sais rien, disait Gerbier. Je pense que personne ne le saura jamais. Mais un paysan a coupé un fil téléphonique de campagne. Une vieille femme a mis sa canne dans les jambes d'un soldat allemand. Des tracts ont circulé. Un abatteur de La Villette a jeté dans la chambre froide un capitaine qui réquisitionnait la viande avec trop d'arrogance. Un bourgeois donne une fausse adresse aux vainqueurs qui demandent leur chemin. Des cheminots, des curés, des braconniers,  des banquiers, aident les prisonniers évadés à passer par centaines. Des fermiers abritent des soldats anglais. Une prostituée refuse de coucher avec les conquérants. Des officiers,  des soldats français, des maçons, des peintres, cachent des armes. Tu ne connais rien de tout cela. Tu étais ici. Mais pour celui qui a senti cet éveil, ce premier frémissement, c'était la chose la plus émouvante du monde. " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/9782266115001.jpgMon père m'a offert ce livre à Noël, entre beaucoup d'autres, et j'ai directement senti qu'il ne ferait pas long feu sur mes étagères. Je n'avais jamais lu d'ouvrages de Kessel, mais celui-ci m'a fait découvrir un style étonnamment puissant, tout en étant empreint d'une certaine poésie. Il y a sept nouvelles dans ce livre, avec des personnages récurrents, comme Gerbier, Le Bison, Jean-François, Félix et Mathilde. Il y a les autres, un peu secondaires, mais chacun de ces personnages est unique, et à la fois le représentant d'un peuple entier. Tout commence lorsque Gerbier se retrouve dans un camp, lors de la seconde guerre mondiale, et fait la connaissance du jeune Legrand, qui l'aidera à s'enfuir. Ces nouvelles racontent l'histoire des résistants, de tous ces hommes et ces femmes qui ont pris des risques énormes, afin de ne pas laisser leur pays périr aux mains de l'ennemi. Il y a des exécutions sommaires,  dans chaque camp, il y a les missions de nuit, les parachutages, les émissions depuis Londres, et la bonne volonté, le dévouement de chaque personne qui cherchait à faire un geste, même infime, pour sa patrie. 

Ce livre est extrêmement touchant car il se base sur du réel. Dans la préface, l'auteur affirme ne relater que des évènements réels, et le lecteur peut choisir de le croire, ou pas. Mais peu importe que ces faits soient réels ou non, puisqu'ils sont forcément une image de ce qui s'est réellement passé durant la résistance. En cela, il y a forcément une immense part de vérité dans cet ouvrage. Ici, il ne s'agit pas de raconter des anecdotes, mais plutôt de montrer, par celles-ci, un aperçu global de tout ce qui a été mis en place pour lutter contre les Allemands. Les personnages peuvent être fictifs, ils y a eu des Mathilde et des Jean-François par centaine, et c'est ce qui compte. En multipliant les personnages, les témoignages, l'auteur montre que ce mouvement a impliqué des gens de toutes conditions sociales, de toutes religions,  de toutes nationalités et de tous âges. Que cette résistance a pris comme un feu et s'est répandue dans toute la France, submergeant la Gestapo, prenant de cours les autorités allemandes et françaises. Rien n'était laissé au hasard et tout était soigneusement organisé. De la publication des journaux aux missions de sabotage, en passant par la production de faux papiers et l'émission de messages radio, tout était prévu, commandité, et réalisé avec une foi indestructible. On sent que ces hommes et ces femmes ont agi avec leur être entier, se donnant complètement à un avenir incertain, à une mort plus que probable, souvent précédée de torture. Et c'est ce dévouement sans borne qui rend cette lecture très belle et très émouvante. On tremble pour des personnages auxquels on s'est attaché, mais pas seulement, on tremble pour un peuple, une armée d'ombres qui a risqué sa vie au nom d'une France qu'ils espéraient meilleure. Je ne peux que conseiller cette lecture .

Joseph Kessel. L'armée des ombres. Paris :Pocket, 2009. 253p.

Dimanche 27 février 2011 à 14:04

 Le Hussard sur le toit - Jean Giono

" Angelo était moins ému qu'écoeuré ; son coeur battait sous sa langue lourde comme du plomb. Enfin, il aperçu un gros corbeau qui, se dissimulant dans le tablier noir de la vieille femme, continuait son repas ; il en fut tellement dégoûté qu'il vomit et tourna les talons. Dehors il essaya de courir, mais il flottait et il trébucha. Les oiseaux avaient de nouveau recouvert le cadavre de la jeune femme et ils ne se dérangèrent pas. Angelo marcha vers une autre maison du hameau. Il avait froid. Il claquait des dents. Il s'efforçait de se tenir très raide. Il marchait dans du coton ; il n'entendait que le ronronnement de ses oreilles, et les maisons, dans l'ardent soleil, lui paraissaient irréelles. " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/153JeanGionoLehussardsurletoit.jpgDéjà je tiens à m'excuser, je ne lis plus, ou presque. Je ne sais pas pourquoi, je traîne sur mes lectures, elles s'étendent sur des jours et des jours. Je dois absolument remédier à cela, prendre plus de temps pour lire, quitter un peu mon ordinateur. Le hussard sur le toit raconte l'histoire d'Angelo, un colonel piémontais assez jeune, qui, à cause d'un duel qui a mal tourné, doit s'exiler en France. Il se trouve en Provence vers 1830, quand éclate une immense épidémie de choléra, qui décime la population. Les villes sont fauchées, tout le monde meurt l'un après l'autre. Les soldats gardent l'accès au villages, et veulent mettre tous les voyageurs en quarantaine. Angelo a un but, il doit aller à Manosque retrouver son frère de lait, qui a de l'argent à lui remettre. Une fois arrivé dans la ville ( et après de nombreuses descriptions des malades et des cadavres ), il doit vivre un moment sur les toits, pour échapper à la contagion. C'est là qu'il fait la première fois la connaissance de Pauline. Il va la perdre de vue, puis la retrouver par hasard, et entamer un long cheminement vers Gap, où celle-ci doit retrouver son mari. Au milieu de se chaos, ils vont apprendre à se connaître, et s'attacher l'un à l'autre. 

Tout le monde me disait beaucoup de bien de se livre, et ça a été une énorme déception. Je ne sais pas si c'est le moment qui était mal choisi pour le lire, ou juste l'écriture qui ne m'a pas accrochée, mais j'ai traîné cette lecture comme un boulet pendant deux semaines. J'ai trouvé le style lourd, les phrases longues à s'y perdre. L'histoire en elle-même est assez intéressante, mais qu'est-ce que c'est lent ! Il ne se passe pas grand chose au final, c'est une série de cheminements à cheval, que le personnage soit seul ou accompagné. Il est à cheval, il rencontre des malades, il va dans une ville, il repart, il est à cheval ... Bref, il n'y a pas vraiment d'histoire, de péripéties etc. Et dans un sens, je comprends que cette lenteur soit nécessaire, parce qu'elle reflète l'état des villes, écrasées sous le soleil lourd et dans une atmosphère pesante. Il ne se passe rien parce que les gens n'ont rien d'autre à faire que mourir. Et du coup, cela justifie le style. Mais tout de même, je n'ai pas été convaincue. Le personnage d'Angelo est intéressant, mais il est trop tiraillé entre mille idées, de ce qu'il faudrait être, il a des idéaux presque naïfs. Il est trop obsédé par l'apparence qu'il donne au monde, et par son désir de batailles. Et le personnage de Pauline reste trop secondaire. Il ne prend véritablement de l'importance qu'à la fin du roman (qui est la meilleure partie ). Mais même là, je m'attendais à plus d'action, de rebondissements ... 

Jean Giono . Le Hussard sur le toit. Paris : Folio, 1995. 499p.

Mercredi 16 février 2011 à 19:37

 Le mystère de Tarn House - Martha Grimes

" Il traversa le petit jardin situé derrière la maison, entra avec la même clé qui ouvrait la porte de devant, et s'assit à la table de la cuisine. Il resta là sans bouger dans l'obscurité jusqu'à ce que ses yeux commencent à distinguer les contours du réfrigérateur et de la cuisinière. Le silence était total. Il ôta sa veste, sa casquette et ses chaussures et demeura assis, les bras croisés, déterminé à ne pas céder au sommeil et surtout aux larmes qui menaçaient. Ne pleure pas. Réfléchis. Un café lui ferait du bien. Sans un bruit, il prit une tasse et un sachet de café instantané, alluma le gaz sous la bouilloire. Il la retira du feu juste avant qu'elle siffle et versa lentement l'eau dans la tasse. " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/5164xwKhUzL.jpg
La vie du commissaire Richard Jury a changé depuis sa rencontre avec Jane Holdsworth, trois semaines plus tôt. Mais le jour où il se décide, sur un coup de tête, à la demander en mariage, on la retrouve décédée chez elle, elle s'est apparemment suicidée. C'est son fils, Alex, qui l'a découverte, et qui a ensuite pris la fuite pour ne pas aller vivre avec la famille de son père ( lui aussi s'étant suicidé quelques années auparavant. ). La police découvre que c'est le quatrième décès dans la famille en quelques années, ce qui fait quand même un peu trop pour être plausible. Melrose Plant, vieil ami de Richard Jury, décide de l'aider en infiltrant la famille Holdsworth en tant que bibliothécaire. Il sera aux premières loges pour enquêter sur les membres de cette famille qui ne semble en vouloir qu'à l'argent, et surtout à celui d'Adam, l'arrière grand-père. Ce vieil homme vit dans une sorte de maison de retraite luxueuse pour riches personnes âgées, déteste sa famille à l'exception d'Alex, et est bien attristé de voir que tous les gens à qui il semble s'attacher dans son cercle familial décèdent brutalement les uns après les autres. Cela veut-il dire qu'Alex est en danger ? Les suicides ont-ils réellement été des suicides ? Et les accidents, les chutes dans les montagnes, ont-ils été réellement des accidents  ? En pleine région des lacs et des poètes lakistes, l'enquête est lancée. 

J'ai mis du temps à rentrer dans l'histoire. Je pense que c'est parce que ce livre est situé au milieu d'une série ( et je n'ai pas commencé au début parce que c'est un livre que j'ai eu gratuitement en faisant mon stage à la librairie l'année dernière. ) On est parachuté au milieu d'une foule de personnages, que l'auteur ne présente même plus, étant donné que cela a dû être fait dans les romans précédents. Et chaque chapitre présente quelqu'un d'autre, ou donne son point de vue de la situation, ce qui n'aide pas la compréhension. Mais une fois que l'on est lancé dedans, c'est une histoire assez sympathique à lire, assez prenante, et somme toute assez divertissante. Je ne dirais pas que c'est un excellent polar, mais le style coule assez bien, les personnages sont sympathiques et attachants. On n'en demande pas vraiment plus, mais je dois avouer m'être prise de sympathie pour Lady Cray, une vieille femme étrange mais extrêmement intelligente. J'ai eu du mal à situer la période où l'histoire est censée se dérouler. Il me semble qu'il s'agit des années 80, mais honnêtement, ça pourrait se passer à peu près à n'importe quelle époque, tellement on a le sentiment, à certains moments, d'être dans une sorte de paysage victorien, ou encore en plein milieu du XXème siècle. Je le conseille donc, mais peut-être uniquement en ayant lu les autres romans de Martha Grimes, tout du moins ceux de la série "Richard Jury". 

Martha Grimes. Le mystère de Tarn House. Paris : Pocket, 442p.

Mardi 15 février 2011 à 19:16

 Pays perdu - Pierre Jourde

" Lucie nous avait dispensé en une fois toute l'enfance. Nous avons pris conscience, à ce moment de l'annonce de sa mort, dans la voiture, de la prégnance de cette image. Elle avait pesé sur la Lucie réelle, nous avait peut-être empêchés d'approcher d'elle comme il aurait fallu. On n'entre pas aisément dans l'intimité des apparitions passées. Ce que nous ignorions, à la contempler dans ces jours de sa petite enfance, c'est que nos larmes un jour en viendraient. Elles commençaient là. Que les qualités de ce qu'on aime nourrissent en secret des chagrins, on l'ignore presque toujours. On ne veut pas le voir. On le pressent cependant, dans la crainte qui s'attache aux choses vraiment belles, on tourne autour, on se garde d'ouvrir la porte, sachant ce qui se tient derrière, avec sa face atroce. Vivre n'est possible que si la porte demeure fermée. "

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/9782266143783.jpgJ'ai classé ce livre dans les romans, mais il y a eu une polémique lors de sa publication, car l'auteur s'est largement inspiré de souvenirs personnels pour décrire certains des personnages. Mon père m'a offert ce livre à Noël, et il n'est pas resté longtemps sur mon étagère. J'ai eu du mal à me faire au style dans les deux ou trois premières pages, et puis après j'ai été emportée par cette poésie magique. Le narrateur et son frère sont de retour dans le Cantal où ils ont passé leurs vacances, étant enfants. Ils sont de retour pour régler la succession d'un vieil oncle décédé. Il se pourrait que le vieil homme ait caché un peu d'argent dans un matelas ou quelque part ailleurs, mais ce n'est pas le plus important. Ce voyage est un prétexte. Un prétexte pour peindre le Cantal, pour décrire ses habitants. Il y a eu un décès, celui d'une jeune fille atteinte de leucémie. Alors on se rend chez les parents, on assiste au défilé des derniers habitants du village, ça permet d'en faire le portrait, de remonter aux anciennes générations, comme un immense arbre généalogique qui se déploierait dans une campagne un peu morte. Pendant deux jours, on a ces portraits, nombreux, pour essayer de représenter chaque facette de ce prisme un peu éteint. Il y a l'alcool, le suicide, la solitude, la saleté... Rien n'est épargné, les accidents, les réalités cruelles et basses de la vie à la campagne. C'est une plongée directe dans un monde qui meurt peu à peu. 

J'ai vraiment aimé cette lecture. Le style de l'auteur est si poétique, c'en est fou, ces petites phrases posées comme ça qui vous remuent le coeur.  Je pense que j'ai été touchée parce que j'ai eu l'impression de revoir des souvenirs de campagne normande, j'avais des images précises devant les yeux, des couleurs, des odeurs même parfois. On a réellement l'impression de détenir un petit bout de vie de ces agriculteurs, derniers rescapés de la campagne. Et je comprends qu'il y ait eu une polémique lors de la sortie de l'ouvrage, étant donné que l'auteur n'est pas tendre avec les personnes qu'il décrit. Il ne cherche pas à en faire un éloge pompeux comme s'il se délectait de cette madeleine de Proust. Il veut les montrer tels qu'il les aime, mais également tels qu'ils sont, parce que justement, s'il les aime, c'est parce qu'ils ne sont pas autrement que dans cette simplicité rustique. C'est un roman photographique, au sens qu'il fige les personnages, mais tout en leur laissant une certaine marge de manoeuvre. Ce ne sont pas des clichés. Et ça se lit si vite, en un clin d'oeil vous l'aurez dévoré, tout en espérant encore le garder un peu, parce qu'on finit par s'attacher à ces bribes de vie, car elles renferment une telle convivialité, un tel dénuement... 

Pierre Jourde. Pays perdu. Paris : Pocket, 2007. 167p.

Vendredi 11 février 2011 à 11:06

 John Lennon : Une vie - Philip Norman

" S'occuper toute seule d'un John âgé de quatorze ans était une tâche requérant à la fois toute la sévérité de l'ancienne infirmière qu'était Mimi et ses inépuisables réserves de diligence et de sacrifice de soi. John restera toujours stupéfait par ses éclats de colère au cours desquels elle empoignait tout ce qui lui tombait sous la main pour le lui lancer, quelles que puissent être les conséquences. Plutôt que de provoquer son ire par la faute de devoir négligés ou d'amis infréquentables, il préférait souvent ôter ses chaussures et quitter la maison à pas de loup ; toute sa vie durant, il conservera l'habitude de déambuler aussi silencieusement qu'un chat. Mais la plupart du temps, au moment précis où il atteignait la porte de derrière ouvrant sur la liberté, une voix se faisait entendre à l'étage :"C'est toi John ?". 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/JohnLennonuneviedePNORMAN.jpgMon fantastique grand-père m'a offert cette biographie de John Lennon pour Noël, sachant que ça me ferait forcément plaisir. En tant qu'adepte de la musique des années soixante et soixante-dix, il est toujours utile d'en savoir un peu plus sur ceux qui en sont à l'origine. Cette biographie raconte tout de la vie de John Lennon, de ses antécédents familiaux à sa fin prématurée, en passant par ses amours différentes, la formation originale du groupe, les années de gloire, les disputes et la séparation de ceux que la presse appelait les Fab Four. On découvre un John adolescent, rebelle mais toujours plein d'humour, déjà en quête de quelque chose qu'il mettrait du temps à trouver. On assiste aux débuts des Beatles, à Hanbourg, dans des clubs de strip-tease, à la relation avec Cynthia, qui a toujours été assez chaotique. La montée au sommet du groupe est assez impressionnante, on peut voir qu'ils n'avaient pas du tout été préparés à cela. Et ceux que le monde adulait étaient en fait une bande de gosses pas encore assez adultes pour pouvoir gérer toute cette pression, ce succès démesuré. Les différentes créations d'albums sont bien expliquées, avec la part de chacun là-dedans, surtout dans les créations Lennon-McCartney. Et puis il y a la rencontre avec Yoko, la séparation avec le groupe, les retraites spirituelles, la bataille pour la paix, et pour l'obtention d'une carte verte, puis enfin, ultime moment de félicité, la naissance de Sean. 

Contre toute attente, j'ai été très surprise de découvrir qu'un personnage qu'à priori j'aimais bien, était en fait une infâme tête à claques, égoïste, égocentrique, violent, imprévisible et inconscient. Il y a certes de bons côtés chez John Lennon, sa générosité, son humour, et souvent, sa sensibilité à fleur de peau. Mais ça n'excuse pas la plupart de ses comportements. En effet, on peut voir qu'il ne s'est jamais soucié de Cynthia lorsqu'il était avec elle et qu'elle était enceinte de Julian. Il s'est permis de se moquer de ses amis, des membres de son groupe, de son manager Brian Epstein, des personnes handicapées, et tout cela sans le moindre respect ( même s'il respectait les personnes, il se permettait d'être extrêmement blessant. ) Il a toujours cherché à être encore plus célèbre, plus aimé. Je peux comprendre que ce besoin remonte à son enfance, son absence de père, la disparition prématurée de sa mère, mais je pense que ça n'excuse pas tout. De plus, on peut voir qu'il a toujours été très lunatique, accueillant les gens à bras ouverts pendant un moment, les chassant de chez lui le lendemain. J'ai aimé ce livre ( même si j'ai mis du temps pour en venir à bout, ça ne se lit pas aussi facilement qu'un roman), même si je n'ai pas aimé le personnage. Néanmoins, le biographe a réalisé un excellent travail de recherche, de recueil des témoignages, et je ne peux qu'admirer la masse de travail qu'il y a là-dessous. Pour les fan des Beatles, ou tout simplement les curieux, ce livre est une mine d'or. 

Philip Norman. John Lennon : Une vie. Paris : Robert Laffont, 2010. 834p.

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