En cas de bonheur - David Foenkinos

" La douleur de Jean-Jacques était bien réelle. Il aimait Claire. Sa vie n'était plus qu'un Genève perdu. Il oubliait tous les défauts de sa femme, il mythifiait ce qu'il avait perdu. Le bonheur n'avait jamais été à l'horizon. A l'horizontale sûrement, mais certainement pas à l'horizon. Il se souvenait du dos de sa femme, et des plis de sa chair dans lesquels il voulait couler ses jours. A partir de maintenant, il ne cesserait d'alterner des moments de pure folie, des moments de désespoir et des moments où il serait plus calme. Autrement dit, il ne cesserait d'alterner des moments où il penserait retrouver Claire ( Genève ), et des moments où il sentait l'avoir perdue à tout jamais ( Toulon). " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/8039medium.jpgJean-Jacques et Claire ont tout pour être heureux, un couple stable et une petite fille, un travail pas trop prenant, qui laisse la possibilité de rentrer chaque soir à la même heure, pas une minute de plus ou de moins. Et pourtant, il y a quelque chose qui cloche. Jean-Jacques et Claire ne sont pas heureux. Ils vivent sur le souvenir parfait de leur séjour à Genève, au début de leur relation, et rien ne ressemble moins à Genève que le couple qu'ils ont construit. Un jour, Jean-Jacques décide de tromper sa femme avec Sonia. Juste pour redécouvrir l'extase de la chair, pour sortir de l'engluement des dimanches chez les parents de Claire, avec l'éternel gigot et la prune en dessert. Pour avoir l'impression de vivre vraiment. Claire se rend bien compte que quelque chose ne va plus, et elle décide de faire suivre son mari par Igor, un détective privé timide au possible. Un jour, un dimanche, alors que Jean-Jacques savoure son adultère dans le hamac de ses beaux-parents, Claire le quitte. Elle s'en va, elle prend la petite, elle ne reviendra pas, plus, jamais. Jean-Jacques est anéanti, parce qu'au fond, il aime sa femme plus que tout, sa femme qui se rapproche maintenant dangereusement d'Igor le détective. Il décide donc de faire suivre sa femme par un cousin d'Igor, ce qui sèmera la plus grande confusion dans les relations entre les personnages. 

Bon, il faut le dire dès le début, ce n'est pas le meilleur livre de David Foenkinos que j'aie eu l'occasion de lire. Mais bon, l'histoire est assez sympathique et résume assez bien la difficulté du couple à se construire autrement que dans les souvenirs heureux et sublimés des débuts. Après quelques années, forcément la passion s'érode, la routine prend toute la place et il est difficile de rallumer la flamme des débuts. Ce qui déclenche l'adultère. Le personnage de Jean-Jacques est assez émouvant, avec ses envies d'adolescent de retrouver le corps d'une femme, un corps inconnu, puis les regrets, les remords, la prise de conscience de l'amour qu'il a pour sa femme. ( Non sans oublier le trouble provoqué par la baby-sitter et son potentiel érotique des portes. ) Après quelques péripéties assez bien pensées, le couple finit par retrouver un nouvel équilibre, une sorte de nouveau Genève ( après une tentative lamentablement échouée d'Igor qui chercha à faire passer Berlin pour Genève. ) Malgré un thème sympathique, je n'ai pas tout à fait retrouvé la fantaisie habituelle de l'auteur, et je suis restée un peu sur ma faim. Mais il n'empêche que ce fût une lecture sympathique et distrayante. 

David Foenkinos. En cas de bonheur. J'ai Lu, 2007. 191p.