Vendredi 24 août 2012 à 9:31

 L'art du Jeu - Chad Harbach 

" Même si les étudiants étaient censés venir "des cinquantes états, de Guam , et de vingt-deux pays étrangers" comme s'en enorgueillissait le président Affenlight dans ses discours, Henry avait l'impression qu'ils sortaient tous du même lycée huppé, ou, tout au moins, qu'ils avaient tous assisté, à leur arrivée, à une réunion d'information privée, une réunion cruciale que lui, Henry, avait visiblement manquée. Ils se déplaçaient en bandes, en communication constante avec les autres par SMS, et quand deux groupes se croisaient, c'était une effusion d'embrassades et de saluts.
Personne n'invitait Henry aux fêtes ni ne lui proposait de taper quelques balles avec lui ; alors il restait dans sa chambre à jouer à Tétris sur l'ordinateur d'Owen." 

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Quand Mike Schwartz voir pour la première fois Henry Skrimshander jouer au baseball, il sait que ce petit gars a du potentiel. C'est pour cela qu'il va se démener pour l'inscrire à Westish, son université. Mike Schwartz est le capitaine des Harponneurs de Westish, et il sait que pour sa dernière année dans ce college, il va tout donner pour que cette équipe, son équipe, remporte un championnat. Or, après des débuts plus que prometteurs, Henry se met à douter, rate chaque balle facile et commence à se replier sur lui-même. Mike se demande alors si tout cela est de sa faute, s'il a encore une place dans la vie d'Henry, s'il peut encore lui être utile.  Au  même moment, le président du college, Guert Affenlight, reprend contact avec sa fille Pella, disparue de la circulation depuis quatre ans, après avoir fugué avec David, un architecte possessif et manipulateur. C'est aussi le moment où Affenlight se rend compte qu'Owen Dunne, étudiant à Westish et colocataire d'Henry, ne le laisse pas indifférent, alors que jusque là il n'avait jamais envisagé la remise en question de son hétérosexualité. Tous ces personnages vont se lier intimement, se découvrir et tenter d'avancer ensemble, ce qui n'est pas gagné au vu du chaos initial. 

Je n'étais pas du tout emballée au début de cette lecture, déjà par le thème principal : le baseball. Je n'y connais rien et ne m'y intéresse pas. Alors les cent cinquante premières pages ont été un peu laborieuses. Puis, l'histoire se met en place et l'on commence à apprécier les personnages, à mieux les connaître. Je crois que c'est ce qui a sauvé le livre à mes yeux, des relations et une écriture très abouties. On sent que l'auteur maîtrise  son sujet, que tout cela a été longuement travaillé. J'aime beaucoup les college novel, ces romans se passant dans des universités américaines, parce que la plupart rayent un peu le vernis et vont au-delà des apparences. (C'était le cas avec
Les Revenants, de Laura Kasischke ) Et là, on retrouve un peu cette ambiance, ces relations torturées, ces étudiants, jeunes pour la plupart, qui se cherchent encore, qui n'ont pas de réel but dans leur vie. J'ai aimé ces rapports complexes entre les gens, le fait qu'ils se croisent et que tous soient liés, d'une manière ou d'une autre. Par contre, les passages sur le baseball m'ont laissée assez indifférente. Et c'est dommage car ils occupent tout de même une bonne partie de ce roman. Ne connaissant pas les règles, j'ai été complètement perdue entre les amortis, les premières bases et les chandelles. Je n'avais qu'une vision très globales des choses et je ne me suis pas sentie emportée dans le jeu. Mais mis à part un début très lent et un sujet qui ne me touche pas plus que ça, je trouve les personnages bien gérés. Le seul autre bémol, la fin m'a peut-être conquise pour certains personnages, mais pour d'autres je ne vois pas d'évolution, j'ai l'impression de revenir au début (ce qui est peut-être le but de l'auteur, montrer que rien n'a changé), mais j'ai plutôt tendance à me dire : Tout ça pour ça ? 

Au-delà de ça, une lecture qui a été agréable sur les cinq cent dernières pages, c'est déjà ça. Mais comme je lisais ce livre pour le prix PAGE/America, je ne pense pas que je voterai pour lui. 


Chad Harbach. L'art du Jeu. JC Lattès, 2012. 664 p. 

Jeudi 23 août 2012 à 23:26

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 Si j'écris ce soir, ce n'est pas pour chroniquer un livre, comme à mon habitude, mais pour m'indigner à propos d'un sujet qui me tient à coeur. Au journal de France 2 de ce soir j'ai pu regarder un reportage consacré aux romans jeunesse et entendre des commentaires qui m'ont réellement mise en colère. Qu'entends-je ? Que les romans ado sont chers, beaucoup plus que les livres pour adultes, que c'est un filon que les éditeurs exploitent car les jeunes préfèrent les grands formats. L'édition ado serait un business rentable. Alors là, je m'insurge. Mon avis sera peut-être controversé par beaucoup (et tant mieux) mais il me semble qu'en tant que libraire, je ne puisse pas rester indifférente à ce genre de propos.

Tout d'abord, les romans jeunesse sont chers : Les romans adultes sont-ils plus abordables ? Je ne pense pas. Dans ce reportage, on semble s'indigner que certains ouvrages coûtent entre 20 et 30€, n'est-ce pas  la même fourchette de prix que pour un roman adulte ? Alors dans ces cas-là, soit on dit que les livres en grand format coûtent cher, un point c'est tout, soit on trouve que par rapport aux coûts du papier, de l'impression, de la rémunération des auteurs, traducteurs, maquettistes éditeurs, diffuseurs, distributeurs, représentants, libraires, c'est un prix qui vaut bien le travail accompli. Et si le fait de nourrir les personnes qui ont contribué à la fabrication, tant intellectuelle que concrète, de l'objet que vous tenez entre les mains est trop onéreux, il y a toujours les livres de poche. 

Là encore, le livre de poche jeunesse est discrédité par l'avis unique d'un lecteur préférant les grands formats, pour leur confort de lecture, le soin apporté à la mise en page, à la couverture, à la sélection du papier etc. Un seul lecteur. Qui représenterait l'ensemble du lectorat jeune/adolescent français. Ce qui pousserait à la ruine des milliers de parents condamnés à acheter des livres en grand format à leurs enfants. On passe sur le fait que des amateurs de livres en grands format, on en trouve également chez les adultes. Travaillant justement dans la section réservée à la littérature en grand format, je vois chaque jour des gens, de tous âges, faire une petite moue quand je présente les ouvrages de poche. Diverses raisons : C'est pour offrir, je trouve cela plus confortable, c'est plus joli, ça fait mieux dans ma bibliothèque et j'en passe. Et je peux vous dire que ces personnes ont dépassé l'adolescence et que leurs lectures également. 

Je pense donc qu'il faut que l'on arrête de stigmatiser la littérature jeunesse/ado comme un bon filon à blé, tout ça parce que c'est un genre relativement récent qui n'est pas encore entré dans les moeurs. Que l'on se penche un peu plus sur tous les genres de littérature et l'on se rendra compte que la situation est pareille partout. Il me semble que Folio a sorti une collection BD, ça n'a pas eu un succès dingue, si ? Oh, c'est sûrement parce que c'est du poche. Vite, faisons un reportage sur la BD en grand format, dont le prix peut aller jusqu'à plus de 40€, une vraie pompe à fric ! Sûrement un bon filon flairé par des éditeurs toujours avides d'argent. 

Non, le livre jeunesse n'est pas un gouffre sans fond pour les parents. Oui, le poche en jeunesse ça existe, beaucoup d'éditeurs font ça très bien. Beaucoup d'ados lisent du poche, et d'autres préfèrent le grand format, comme certains adultes lisent du poche et d'autres ne considèrent même pas cela comme un vrai livre. Que l'on cesse de vouloir donner une image négative de la littérature jeunesse alors que cela permet à des milliers d'ados de lire. Est-ce que cela n'est pas le principal ? Et pour les parents ayant un peu moins de moyens, il y aura toujours les bibliothèques qui font un travail formidable pour se procurer les dernières nouveautés et écouter les souhaits de leurs adhérents. Alors si l'on se contentait de se réjouir de voir ces ados qui lisent, et qui trouveront toujours le moyen de lire tant qu'on les soutiendra dans leur démarche, plutôt que d'inventer de faux problèmes pour remplir une édition d'été du journal télé. 


Lundi 20 août 2012 à 10:34

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 Les Rolling Stones - 50 ans de légende 

Un article rapide sur ce livre, offert à mon anniversaire par mon père, qui connaît décidément parfaitement mes goûts musicaux. A l'occasion des 50 ans des Rolling Stones ( premiers vrais concerts en 1962), Flammarion édite un ouvrage reprenant  des photos inédites du groupe ainsi que des documents retraçant cette épopée musicale. Entre affiches de concert, planches de diapositives et autres produits dérivés, on peut avoir un aperçu de ce qu'ont été ces cinquante ans, cette folie musicale arrivée de Grande-Bretagne pour conquérir la planète entière. Le livre a été écrit par les membres du groupe, ainsi que par Richard Havers. Il y a peu de texte mais les photos sont toutes légendées par les membres du groupe en fonction de leur ressenti ou des anecdotes. 

J'ai aimé la très belle qualité des reprographies, un papier et une impression parfaites qui permettent d'apprécier pleinement les photos. C'est un livre à lire en une fois, afin de faire une vraie plongée avec les Stones, de leurs débuts un peu brouillon aux gigantesques concerts de  ces dernières années. En revanche, il m'a semblé que les commentaires étaient très édulcorés. C'est un livre sage, pas de scandales ou de révélations. Les rapports entre Mick Jagger Et Keith Richards semblent au beau fixe pendant cinquante ans. Il est de notoriété publique que ce n'était pas le cas. Je pense donc que c'est un ouvrage à compléter par différentes biographies, notamment celle de François Bon, ou celle des Stones eux même. Une biographie de Mick Jagger est d'ailleurs sortie début juillet. Elle s'intitule Mick, Sex et Rock and Roll et paraît aux éditions Lattès. Je ne sais pas de quoi il en retourne, mais si j'ai le temps d'y jeter un coup d'oeil je vous ferai part de mon avis. 

Pour compléter le tout par des anecdotes, je vous laisse aller jeter un coup d'oeil au blog de François Bon, le
Tiers livre, où l'on peut retrouver cet été cinquante anecdotes sur les Stones, à raison d'une par jour, et je vous le dis, ça vaut le coup d'oeil, tant par le fond que la forme. 


Rolling Stones - 50 ans de légende. Flammarion, 2012.
 352p.

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Samedi 18 août 2012 à 9:06

 Pourquoi être heureux quand on peut être normal  - Jeanette Winterson 

" Le fait que je devienne sourde à peu près au même moment où j'ai découvert mon clitoris n'a rien arrangé.
Mrs W était profondément vieux jeu. Elle savait que la masturbation rendait aveugle, et face à mon cas, il fallait donc en conclure que cela rendait également sourd. 
Je trouvais cette analyse injuste car beaucoup de nos connaissances portaient des sonotones ou des lunettes.
La bibliothèque municipale avait une section entière de livres en gros caractères. J'ai remarqué qu'elle était située à côté des places individuelles réservées à l'étude. Sans doute que d'une chose à l'autre, il n'y avait qu'un pas. " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/78038390o-copie-1.png Je vous avais déjà parlé de Jeanette Winterson et de son livre Les Oranges ne sont pas les seuls fruits. Dans ce nouveau roman, l'auteur revient sur sa vie, mais moins à la manière d'une fiction que d'une réelle autobiographie. Ici, Jeanette raconte son enfance, dans une famille protestante très stricte, Elle parle de son adoption, du manque d'affection de sa mère adoptive qu'elle nomme Mrs W, de l'école, du quotidien et surtout, de l'adolescence. C'est à cette période que Jeanette prend conscience de son homosexualité. Dans une famille comme la sienne, c'est extrêmement mal vu, et sa mère a d'abord recours à un exorcisme, puis, voyant que cela a peu d'effet, elle chasse tout simplement Jeanette du foyer familial. Jeanette est revenue une seule fois chez elle. Dans ce livre, elle explique son parcours après ce départ, ses rencontres, la quête de sa mère biologique. Elle parle aussi de son ressenti par rapport à ses origines, surtout lorsqu'elle est arrivée à l'université. Ayant vécu dans une petite ville ouvrière près de Manchester, sa condition n'est pas la même que celle de quelqu'un élevé à Londres ou à Oxford. De plus, elle nous parle de sa mère adoptive, de son caractère irascible, de ses lubies, ses petites joies et ses fardeaux. C'est une femme étrange, presque monomaniaque, obsédée par la religion, le dégoût des autres et l'envie de mourir. 

Autant j'avais beaucoup aimé Les Oranges, autant ce livre m'a moins touchée. Je pense que j'avais beaucoup aimé les parties romancées et narratives des Oranges, alors que dans ce livre, Jeanette Winterson revient beaucoup plus sur ses ressentis, et donne ses pensées de manière beaucoup plus terre à terre. Elle fait une réelle autobiographie, où elle reste à disserter sur certains thèmes pendant plusieurs pages, laissant le lecteur au milieu d'une anecdote pour parler de son appartenance, de sa peur du foyer ou du refuge qu'elle a trouvé dans les livres. Encore une fois, rien à redire sur le style, il est excellent. (La traduction également). Mais j'ai pris moins de plaisir à lire cette vie, que je connaissais déjà en partie grâce aux Oranges. J'ai beaucoup apprécié les passages narratifs, notamment la recherche de sa mère biologique, mais toutes ces digressions m'ont parues un peu pesantes parfois. Ce n'est pas ce que je recherchais dans ce livre, tout simplement. Mais mis à part cet aspect, j'ai trouvé que c'était un livre qui valait le coup, rien que pour cette description de la vie dans ces villes ouvrières au moment où elles tiraient leur réputation des industries et usines (notamment textiles). C'est à la fois une histoire personnelle et une histoire de la région, ou en tous cas comment l'histoire personnelle est obligée de s'inscrire dans une histoire plus grande qui dépasse le protagoniste. 


Jeanette Winterson. Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? L'Olivier, 2012. 267p. 

Dimanche 12 août 2012 à 19:45

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/7638739578deslivres.jpgChapardeuse - Rebecca Makkai

 " "Il aime vraiment la bibliothèque", dit-elle. Il ne lui manquait que l'accent du Sud, telle une de ces beautés du Kentucky. Il lui serait allé comme un gant.Elle sortit une feuille de papier pliée de son sac, beige avec le nom de Janet Marcus Drake écrit à l'encre bleu clair brillante.
"Voici une liste des contenus que j'aimerais qu'il évite." Elle avait soudain troqué le charme du Kentucky contre l'air extrêmement pro de ces femmes perfectionnistes qui n'ont expérimenté le monde du travail que deux ou trois ans avant de s'arrêter pour faire des enfants, et qui sont maintenant terrifiées à l'idée de ne pas être prises au sérieux. Elle me tendit la liste et patienta comme si elle attendait que je la lise à haute voix. La liste indiquait :

- Sorcellerie
- Magie
- Satanisme / Religions occultes, etc.
- Contenu pour adultes 
- Armes
- La théorie de l'évolution
- Halloween
- Roald Dahl, Lois Lowry, Harry Potter et auteurs similaires
. " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/Chapardeuse.jpgLucy Hull a vingt six ans et gère le rayon pour enfants de la bibliothèque d'Hannibal, Missouri. Outre ses sorties cinéma avec Rocky, un collègue, et écouter de son appartement les répétitions de théâtre de la salle du dessous, sa vie n'a rien de passionnant. Parfois, elle s'interroge sur son identité réelle, ses origines russes et cet esprit révolutionnaire qui semble l'habiter. Et puis il y a Ian Drake. Ian a dix ans. Il vient presque chaque jour à la bibliothèque et cache sous son pull les livres qu'il n'a pas le droit d'emprunter. Parce que Ian est élevé par des parents fondamentalistes, et que tout ce qui ne colle pas aux convictions de ses parents est proscrit. De plus, Ian fréquente les stages du Pasteur Bob afin de rentrer dans le droit chemin, car cette pauvre brebis égarée pourrait, en grandissant, commettre un pêché et s'intéresser plus aux garçons qu'il ne le devrait. Alors quand Lucy, qui adore cet enfant plus que tout au monde, le découvre dans sa bibliothèque un matin, avec son baluchon et ses envies de fuite, elle n'a pas le choix. Et elle va laisser Ian kidnapper la bibliothécaire pour un voyage à travers les Etats-Unis, au mépris des lois, de la morale, de l'inquiétude parentale. D'une manière ou d'une autre, c'est un enfant qui doit être sauvé, et quoi de mieux que des livres et une bibliothécaire pour cela...

Je lis ce livre pour le prix America / PAGE. Cette histoire est déroutante. Elle n'accroche pas dès les premiers mots, et il faut un peu de temps, pour rentrer dans l'histoire, pour apprivoiser Lucy et Ian. Mais lorsque l'on a bien fait connaissance, il est impossible de les abandonner avant la dernière page. C'est à la fois une lecture des grands espaces, pour le côté road-trip, mais aussi une lecture-cocon, avec cette bibliothèque où tout semble un peu magique, et l'on imagine bien les piles de livres faire comme des murs pour que le lecteur s'installe. C'est un livre pour ceux qui aiment lire, qui aiment voir des références régulières à ce qu'ils ont, ou n'ont pas encore, lu. Les personnages ont tous leur personnalité variée, entre les artistes marginaux, les fondamentalistes, les mafieux russes et les chefs d'orchestre ratés. Et tout ce petit monde va essayer de cohabiter dans la même histoire, de tisser les liens de ce sauvetage chaotique. Ian est un petit garçon adorable, surprenant, fatiguant aussi parfois, mais il habite ce livre d'une manière exceptionnelle, déroutant le lecteur. Lucy, plus courageuse qu'elle ne semble le croire, a tout d'une vraie héroïne. Il manque peut-être un petit approfondissement de Rocky, mais puisque Lucy se rend compte petit à petit qu'elle connaît très mal ceux qu'elle aime, le lecteur est logé à la même enseigne. Il ne saura des personnages que ce que Lucy en dit, et ira donc au rythme de la jeune fille. Et la littérature se mêle aux questions de religion, d'éthique, de morale, de devoir. C'est un voyage initiatique autant pour le plus jeune que pour sa chapardeuse. Et pourquoi pas pour le lecteur. 

Rebecca Makkai. Chapardeuse. Gallimard, à paraître. 368p.



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