Mardi 30 octobre 2012 à 8:52

    http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/8914ee5b.jpghttp://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv3/deathnotetome2.gifhttp://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/blackbutlerkana1.jpg
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Death Note, Tomes 1 et 2, de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata : Light Yagami est un adolescent tout à fait ordinaire, quoiqu'extrêmement doué en cours. Un jour, il trouve un cahier dans la cour de son lycée. Les instructions au début de celui-ci lui expliquent que si un nom est inscrit dans le cahier, la personne concernée meurt dans les quarante secondes. Ces instructions sont modulables, on peut par exemple préciser les circonstances de la mort, prévoir un scenario, bref, tout pour jouer à faire le bien, ou le mal. Et au départ, les intentions de Light sont bonnes. Il souhaite éliminer les criminels afin de rendre le Japon, et la planète entière, plus sûrs. Mais petit à petit, ce cahier va lui servir à des fins personnelles, et donc plus uniquement pour faire le bien. Le mystérieux "L", connu pour avoir résolu les enquêtes les plus difficiles, va même être mis sur l'affaire. Désormais, c'est une lutte entre ces deux personnages qui va commencer. 

Pourquoi j'ai aimé : Parce que ce manga est bien construit, on s'attache plus ou moins au personnage de Light, mais on garde quand même la perspective que ce garçon joue avec quelque chose qui le dépasse. Avoir les deux côtés de l'enquête permet de voir des points de vue différents et j'ai trouvé passionnant cette réflexion centrée sur : A partir de quel moment arrête-t-on de faire le bien et devient-on un assassin ? 

Black Butler, Tome 1, de Yana Tubusu : Sebastian est le majordome de Ciel Phantomhive, mais c'est un être assez particulier. Il est charmant, travailleur, parfait. Il anticipe les désirs et répare les innombrables bêtises des trois autres employés du manoir Phantomhive. Mais tout cela n'est-il pas un peu étrange ? Car tant d'efficacité n'est pas humaine. Et Ciel Phantomhive, le maître des lieux, un enfant, n'aurait-il pas fait appel à une force maléfique afin d'être protégé en toutes circonstances ? Car Ciel a de quoi être traqué, que ce soit pour sa fortune et son pouvoir. Il faut donc faire appel aux bonnes personnes. Mais à quel prix ? Que Ciel a-t-il sacrifié pour être partout accompagné du meilleur, du plus drôle, séduisant et mystérieux des majordomes ? 

Pourquoi j'ai aimé : Parce que le dessin est super. Entre l'élégance des personnages principaux et l'humour rendu avec les personnages secondaires souvent super déformés, l'équilibre se tient. Le ton est léger, plutôt joyeux, jusqu'à ce que l'on arrive au coeur de l'action. N'ayant lu qu'un seul tome, je n'ai que le début de l'intrigue, mais on peut voir que tout est traité avec second degré, et c'est appréciable. On passe un bon moment, on a des éléments qui laissent présager d'une suite intéressante. Bref, à continuer. 

Doubt, Tome 1, de Yoshiki Tonogai : Rabbit Doubt est un jeu en ligne qui fait fureur chez certains jeunes japonais. Le principe est simple. Tous les joueurs sont des lapins, sauf un, qui est le loup. Sauf que le loup a l'apparence d'un lapin, et qu'il est bien sûr le seul à savoir qu'il est le loup. Le loup a pour but de dévorer les lapins, les uns après les autres. Les lapins ont pour mission de débusquer le loup avant qu'il n'ait fait trop de victimes. Lorsque six adolescents accros à ce jeu se rencontrent, ils pensent s'en tirer avec une soirée karaoke. Mais rien ne va se passer comme prévu. L'un d'entre eux va être sacrifié, et tous vont se réveiller dans une pièce, avec peu de possibilités d'évasion. Ils vont très vite se rendre compte que ce n'est pas un sordide enlèvement. Ils sont dans une partie de Rabbit Doubt, grandeur nature. Un loup est parmi eux, et ils vont devoir le trouver rapidement, s'ils ne veulent pas mourir les uns après les autres. 

Pourquoi j'ai aimé : Comme l'annonce le résumé, ce manga est un excellent croisement entre Les 10 petits nègres et Saw. Une ambiance d'abord enjouée qui bascule rapidement vers une atmosphère cauchemardesque. Les adolescents vont devoir apprendre à se lier pour survivre, mais pas facile quand on sait qu'il y a un traître dans le lot. Surtout qu'ils ne semblent pas être seuls, et que leurs mouvements sont peut-être filmés. Est-ce que tout a été programmé et qui est derrière tout ça ? Le cauchemar continue dans le tome 2, que j'ai hâte de lire. 

Lundi 29 octobre 2012 à 11:51

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 Le jeu de ombres - Louise Erdrich
 

" Il y avait des jours où Irene et Gil, tellement épuisés par le combat, quittaient tout simplement leurs tranchées et s'enlaçaient au-dessus des têtes de leurs enfants. On criait "pouce". Toute la famille s'aimait d'amour tendre. juste après la fête, il y eut une forte chute de neige et la famille passa une de ces merveilleuses soirées-là. Quelque part, des branches chargées de neige tombèrent sur des lignes électriques, privant de courant les maisons de ce secteur de la ville. Riel et Stoney, qui regardaient la télévision au sous-sol, remontèrent à l'aveuglette. L'écran d'ordinateur de Florian s'éteignit et il descendit en appelant ses parents. Gil sortait de la cuisine, Irene y entrait. Ils se heurtèrent en douceur et restèrent un instant dans les bras l'un de l'autre. " 

Lorsqu'Irene découvre que Gil, son mari, lit son journal intime, elle est tout d'abord choquée. Qu'il ait pu se permettre d'enfreindre cette limite, rentrer dans son espace privé, elle ne l'accepte pas. C'est pour elle l'ultime trahison. Mais plutôt que d'affronter ce problème de manière frontale, elle va se créer un deuxième journal, caché, pour elle seule, qu'il ne trouvera jamais. Et elle continuera d'écrire dans celui que Gil lit. Parce que si Gil ne sait pas que sa femme est au courant de cette trahison, Irene pourra continuer d'y écrire tout ce qu'elle veut. Elle pourra parler de l'amour qu'elle ne ressent plus pour son mari, inventer des choses, répondre à cet affront par une manipulation cruelle. Et Gil, toujours amoureux de sa femme, fou d'elle, ne pourra rien faire d'autre qu'être pris dans cette spirale qui va conduire le couple, puis la famille, à une lente et douloureuse déchirure. 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/9782226243072g-copie-1.jpg J'avais reçu ce livre par la fantastique Jeanne, et je n'avais toujours pas eu le temps de le lire. Le thème me plaisait beaucoup, cette femme qui écrit deux journaux, celui dans lequel elle raconte la vérité, et l'autre dont elle se sert pour manipuler son mari. Les relations du couple sont extrêmement complexes et difficiles à cerner. Je pense d'ailleurs qu'il faut vraiment attendre la fin pour comprendre vraiment la nature de ce qui lie Irene et Gil. Ils semblent s'aimer, ou en tous cas Gil aime Irene. Mais pour Irene, on ne sait pas. Elle veut que Gil parte, elle ne l'aime plus, mais elle ne s'en va pas, et préfère pousser son mari à la quitter plutôt que de faire le premier pas. Les enfants sont trois personnalités particulières, de l'aîné, génie des maths et des sciences se repliant souvent dans son monde, la fille, Riel, voulant à tout prix utiliser l'héritage indien qu'elle porte en elle, et le petit dernier, Stoney, suivant tant bien que mal ses aînés. La culture indienne est omniprésente dans ce roman, l'auteur, indienne elle-même, en ayant fait le thème central de son oeuvre. Cette culture que je connais très mal était intéressante à découvrir. Mais quelque chose m'a dérangé dans le style. Trop froid, trop éloigné des personnages. On a beau tout savoir d'eux, on ne peut pas s'attacher à ce couple. Autant les enfants ont cette détresse attachante, ils voient que le mariage de leurs parents s'effrite, que la vie de famille est précaire, mais ils sont là les uns pour les autres. Par contre, la fin est excellente, elle concentre toute l'histoire, accélère le drame que l'on sent poindre dès les premières pages. 
En bref, je dirais que c'est une lecture intéressante, que la trame est prenante, mais finalement ce n'est pas un coup de coeur. 

Louise Erdrich. Le jeu des ombres. Albin Michel, 2012. 253p. 

Mercredi 17 octobre 2012 à 20:41

 
 Une place à prendre - J. K. Rowling 

" Gaia et sa mère Kay Bawden, assistante sociale, étaient les deux plus récents habitants de Pagford ; elles avaient débarqué de Londres à peine quatre semaines plus tôt. Kay ne savait rien du contentieux historique entourant la cité ; les Champs n'étaient pour elle que l'endroit où vivaient la majorité des familles dont elle s'occupait. Et tout ce qu'elle savait de Barry Fairbrother, c'est que sa mort avait été à l'origine de la scène désastreuse qui s'était déroulée dans sa cuisine et soldée par la fuite de son amant, Gavin, lequel l'avait plantée là toute seule avec ses oeufs brouillés et les grandes espérances, soudain annihilées, que sa fougue de la nuit précédente avait fait naître en elle. "

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv3/CVTUneplaceaprendre4220.jpgBarry Fairbrother était le père de quatre enfants, le mari presque parfait de Mary, et un membre du Conseil paroissial de la petite bourgade de Pagford. Etait. Car Barry Fairbrother est mort, subitement, devant son club de golf. Rupture d'anévrisme. Et sur sa tombe encore fraîche vont se battre les personnes les plus réputées de la ville. Pour une place au Conseil paroissial. Ces gens qui le côtoyaient jour après jour, ceux qui se prétendaient leur ami, tous vont se déchirer pour cette place. C'est une histoire qui peu à peu va grossir, va impliquer les enfants comme les adultes, et où l'on ne sait pas qui aura le dessus, au final. Mais cette opportunité que tous veulent saisir va faire rejaillir la noirceur de chacun d'entre eux, les limites qu'ils peuvent franchir pour assouvir leur pauvre petit désir de pouvoir. Ces hommes et ces femmes dont l'ambition la plus haute est de siéger à un Conseil décidant la fermeture ou non d'une clinique de désintoxication. C'est leur petite histoire, pathétique et triste, où l'égoïsme prend le plus souvent le dessus, tout comme l'incompréhension, l'intolérance et l'incapacité à agir en adultes. C'est un roman où il n'y a que des enfants qui veulent jouer à être le plus fort, et qui vont se faire pousser dans l'arène par leur propre progéniture. 

Que le nom de l'auteur ne donne aucun a priori sur ce roman, tout est complètement différent ici de la saga Harry Potter. J.K. Rowling nous livre un roman anglais classique, mais toutefois très maîtrisé, construit et riche. Les personnages sont tous liés et hauts en couleur. Au départ il faut quelques pages pour bien comprendre les liens qui nouent ces gens entre eux, retenir leurs noms etc. Mais une fois que l'on a bien en tête qui est qui, qui aime qui, qui est marié avec qui, qui déteste qui et qui vit où, on commence à se prendre au jeu. Car c'est une sorte de jeu ce roman. L'auteur s'amuse de son lecteur en voulant lui donner une leçon. Chaque personnage va présenter sa vision de la ville ainsi que celle de ses relations entre les personnages. Mais que le lecteur prenne garde à ne pas prendre ce qui lui est dit pour argent comptant, car le personnage suivant ne voit certainement pas les choses de la même manière. Et c'est là la force de ce roman. C'est une véritable analyse sociologique, profonde et fouillée, où les rapports humains sont décrits dans toute leur complexité. Rien n'est noir ou blanc, et l'on ne peut pas totalement détester qui que ce soit, car chaque personnage a beau être haï par beaucoup, il est tout de même aimé par d'autres personnages, ou a des qualités indéniables. 
L'auteur n'a pas perdu de son sens de l'humour ni de son cynisme. Tous ces gens accaparés par la même préoccupation font penser à des loups devant un morceau de viande fraîche. J.K. Rowling réussit à faire sentir le mépris qu'elle peut éprouver pour ces personnages dont la petite vie pathétique est rythmée uniquement par le pouls lent et monotone de cette ville sans importance. Et en même temps, impossible de ne pas les comprendre, ils sont humains, ils sont comme nous. Ils vivent selon ce qu'ils connaissent, et ils connaissent peu. Les limites de leur vie sont celles de la paroisse : Ils sont nés à Pagford, ils y mourront. Et quand le ressentiment et la colère sont attisés, on y meurt plutôt vite. 

Je peux comprendre que ce roman déroute, puisse ne pas plaire, il y a une certaine lenteur qui permet de vraiment vivre chaque journée avec les personnages, de les voir se croiser, de vivre toutes leurs journées. Mais en même temps, impossible de lâcher le roman une fois que l'on y est bien installé. Et c'est avec frénésie que l'on tourne les dernières pages, en retrouvant de syndrome Harry Potter : Tout arrive très vite, prend à la gorge, on ne sait pas si l'on doit être en colère, pleurer, s'arrêter et réfléchir. Alors oublions ce prétexte de Conseil paroissial, qui finalement n'est pas totalement primordial, car c'est de nos rapports humains que J.K Rowling parle, et son roman peut se transposer n'importe où, c'est ce qui fait sa force. 

J.K. Rowling. Une place à prendre. Grasset, 2012. 680p. 

Dimanche 7 octobre 2012 à 23:57

 Fifty Shades of  Grey - E. L. James

" Oh, fuck the paperwork, " he growls. He lunges at me, pushing me against the wall of the elevator. Before I know it, he's got both of my hands in one of his viselike grip above my head, and he's pinning me to the wall using his hips. Holy shit. His other hand grabs my hair and yanks down, bringing my face up, and his lips are on mine. It's only just not painful. I moan into his mouth, giving his tongue an opening. He takes full advantage, his tongue expertly exploring my mouth. I have never been kissed like this. My tongue tentatively strokes his and joins his in a slow, erotic dance that's all about touch and sensation, all bump and grind. " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/cnimagesizefiftyshadesofgrey.pngLorsqu'Anastasia interviewe  Christian Grey pour le journal de son Université, elle ne se doute pas un seul instant que ce riche, magnifique, drôle et intimidant entrepreneur n'a qu'une envie : la revoir. Parce qu'Anastasia n'a rien à voir avec cet homme. Elle vient de finir ses études de lettres, souhaite travailler dans l'édition et n'a jamais eu trop d'argent sur son compte en banque. Elle n'a également jamais fréquenté les hommes assez longtemps pour que cela devienne sérieux, et pour ce qui est de tomber amoureuse, cela relève plutôt d'un mythe qu'elle ne verra jamais se réaliser. Et pourtant... Christian Grey l'attire. Elle veut le revoir à tout prix. Mais ce prix va peut-être être un peu trop pour elle. Parce que Christian est un homme charmant, certes, mais ses goûts en matière de relations sont un peu plus sombres. Anastasia va découvrir un univers sexuel qu'elle n'imaginait même pas, où la douleur peut être source de plaisir et où rien n'est hors norme. Elle qui ne voulait qu'une simple relation, banale, va donner beaucoup plus qu'elle ne l'aurait cru au départ et, plus étonnant encore, va combler les attentes de Christian. 

Vu le battage médiatique autour de ce livre, et en préparant sa sortie en France, je me suis dit qu'il serait intéressant que j'y jette un oeil, rien que pour pouvoir en parler aux clients. Ayant entendu que le roman était un succès, un best-seller et j'en passe, je m'attendais à quelque chose dans l'esprit stylistique de Twilight. C'est un peu le cas. Ce qui est bien, c'est que l'auteur n'a pas la prétention de dire qu'elle a écrit un chef d'oeuvre. On se trouve face à un roman écrit comme une fan-fiction avec une héroïne à laquelle toutes les lectrices peuvent/veulent s'identifier. Le principe est simple mais efficace : prendre une personne banale et faire en sorte qu'il lui arrive quelque chose d'extraordinaire. C'est ce qui se passe ici, avec le coup de foudre d'un milliardaire, jeune, sublime, drôle et intelligent pour une petite étudiante en lettres qui n'avait rien demandé à personne. Un peu gros mais on peut pardonner. Pour le reste, le côté érotique du roman n'est pas si mal fait que ça, il y a une vraie découverte pour le lecteur de l'univers BDSM, avec pas mal de pratiques testées et décrites. L'héroïne n'ayant aucune expérience sexuelle sert donc de réceptacle d'informations qui vont toucher le lecteur. Au niveau de la crédibilité, je reste un peu dubitative, mais je pense que le but du roman est plus de créer le désir que de représenter la réalité. La fin reste assez fermée pour que l'on puisse s'en tenir à un seul tome, mais peut également donner envie de lire les suivants. J'ai par contre trouvé totalement exagéré le comportement d'Anastasia avec "le Grand secret" de Christian. Christian Grey est un personnage avec des zones d'ombres, il peut être mystérieux, un peu torturé (halte au cliché !) mais cache une profonde blessure dans sa toute petite enfance, ce qui fait qu'il déteste être touché sur certaines parties de son corps. Et Anastasia pratique l'Inquisition sur lui, voulant à tout prix découvrir ce secret, même si pour cela elle doit tester des pratiques qui lui font un peu peur. Ses réactions sont parfois un peu excessives, ce qui est assez agaçant. Mais néanmoins, c'est un livre très facile, que l'on lit rapidement, en s'attardant plus sur le fond que la forme. 

E.L. James. Fifty Shades of Grey. Vintage, 2011. 514p. 




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