Vendredi 31 mai 2013 à 11:21

 La pendue de Londres - Didier Decoin 

" Les techniques de pendaison, affirme-t-il, ont beaucoup évolué. Cette méthode d'exécution est aujourd'hui la plus rapide, donc la plus humaine. Aux mains d'un bourreau expérimenté, un condamné décède avant d'avoir eu le temps de ressentir une réelle souffrance, sinon celle qui participe de l'effroi très compréhensible que n'importe qui éprouve à l'idée de perdre la vie. Enfin, dit-il, il est faux de croire que le supplice enlaidit celui qui le subit. La plupart des pendus n'ont aucun rictus, ils sont seulement très pâles et leur cou semble s'être un peu allongé." 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/penduedelondresdidierdecoin.jpgRuth Ellis et Albert Pierrepoint n'auraient jamais dû se croiser. Il est exécuteur en chef pour le compte de Sa Majesté. Entre l'Allemagne et ses criminels de guerre et les divers meurtriers du Royaume Uni, son travail est de pendre les gens. De mesurer la bonne longueur de corde, de leur entraver les mains, leur mettre une cagoule qu'il garde dans une petite poche de sa veste et faire en sorte que la mort soit rapide, sans douleur. Un travail propre et efficace. Mais plus difficile lorsqu'il s'agit des femmes. Il s'en est rendu compte lors de l'exécution d'Irma Grese, à Hamelin. Ruth Ellis a aimé un GI canadien qui l'a abandonnée à la fin de la guerre, la laissant avec d'amers souvenirs et un enfant. Pour subvenir à leurs besoins, Ruth ne recule devant rien. Chevelure blonde, un charme rappelant Diana Dors ou Marilyn Monroe, un appétit de vivre et d'éblouir le monde. C'est tout ce qu'il lui faut pour aller frapper à la porte d'un nightclub, se laisser happer par le monde de la nuit, celui des hommes, des corps dénudés et vendus. De promesses jamais tenues en amants violents, Ruth n'arrive pas à se hisser au-delà de ce monde brumeux dénué de tout espoir. La dernière trahison sera celle de trop. Et Ruth Ellis et Albert Pierrepoint se rencontreront. 

Didier Decoin a effectué un formidable travail journalistique avec ce roman, qui est certes classé comme fiction, mais s'inspire néanmoins de faits réels. Ruth Ellis fut la dernière femme à être pendue en Grande-Bretagne et ce roman raconte son histoire, mais pas uniquement. Il se centre aussi sur la vie d'Albert Pierrepoint, sa vision de son métier, surtout lors des exécutions de femmes. 

Grâce à un style extrêmement fluide et travaillé, on tourne les pages de ce roman sans s'en rendre compte, entièrement transporté par cette histoire étonnante. L'atmosphère du Londres d'après-guerre est très bien rendue, on imagine le fog brouillant les rues, salissant tout, on se représente bien la détresse des londoniens, encore soumis aux tickets de rationnement. Les combines étaient fréquentes, et de nombreuses personnes ont profité d'une situation chaotique pour s'enrichir grâce à de malhonnêtes stratagèmes. Les clubs regorgeaient de clients, l'alcool coulait à flots, les femmes se vendaient pour si peu... C'est dans cette ville ravagée que l'on découvre deux personnes que tout oppose. 

Le personnage d'Albert Pierrepoint frappe par sa banalité, sa modestie, cet effacement qui le rend terriblement attachant. Il a un désir profond de faire les choses bien, de rendre une certaine dignité aux condamnés. Ruth, elle, est tape à l'oeil, exubérante, elle veut briller et ne reculera devant rien, même ce qui doit la priver petit à petit de son estime d'elle-même. Cette rencontre est improbable et touchante. On s'attache à cette femme qui n'a jamais eu de chance, qui a toujours voulu se battre et n'est tombée que sur des hommes qui ont profité d'elle. Didier Decoin les magnifie, et peu importe ce qui a été inventé, peu importe le moment où la fiction prend le pas sur le réel. Ce roman transporte, emmène dans un autre temps, dans une autre ville que le Londres actuel, et met en lumière des événements aujourd'hui oubliés. 

Avec une écriture précise sans être voyeuse, on entre dans l'univers des exécutions, mais aussi dans les nuits lourdes et capiteuses, on voyage entre deux mondes, deux personnages, deux vies. C'est un roman qui nous emporte, nous fait réagir, réfléchir et donne un autre regard sur la grande Histoire, grâce à la petite histoire de Ruth Ellis, la dernière pendue de Londres. 


Didier Decoin. La pendue de Londres. Grasset, 2013. 332p. 

Dimanche 26 mai 2013 à 21:57

 Cette vie - Karel Schoeman 

" C'est tout ce que je sais de Grand-Mère : qu'elle était originaire du Bokkeveld et qu'elle avait fait construire une maison avec des placards encastrés dans le mur pour y ranger sa porcelaine. Grand-Père est enterré au cimetière, derrière la colline, et sur sa tombe quelqu'un a laborieusement gravé son nom ainsi que les dates de sa naissance et de sa mort ; c'est lui qui est mort le premier, et Grand-Mère avait tenu à lui faire faire une pierre tombale, mais lorsqu'elle est partie à son tour, personne n'a pris la peine d'en faire autant pour elle et elle repose dans l'anonymat, non loin de son mari, sous un tas de pierres envahi par les mauvaises herbes. Papa devait savoir où elle avait été enterrée, mais aujourd'hui plus personne ne serait capable de dire où est sa tombe." 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/9782264050564.gifAu soir de sa vie, une vieille femme attend patiemment, dans son lit. Elle ne peut plus bouger, elle n'a personne à qui parler, à part cette jeune fille qui dort sur le tapis. Elle est seule, et elle se souvient. Elle a vécu assez longtemps pour avoir été témoin de l'évolution de sa famille, des morts, des naissances. Elle a observé, silencieusement, les gens, leurs habitudes, leurs caractères. Plutôt que de vivre, elle a préféré (ou n'a-t-elle pas eu le choix ?) se faire le témoin des années qui passent. Entre une enfance austère dans une ferme sud-africaine, une adolescence rythmée par les départs des uns et des autres, et une mère stricte, intransigeante et autoritaire, elle raconte. Il lui a fallu tant d'années pour se souvenir de tout, et c'est ce soir, au dernier soir, que tout lui revient. Ses doutes et ses questions ne trouveront pas de réponses, elle est seule à essayer de démêler le vrai du faux, à se méfier des souvenirs, des fantasmes, des rêves. Parfois elle se mélange, les noms s'entremêlent, la mémoire fait défaut... Mais c'est pour, tout de suite après, rendre de manière encore plus éclatante les couleurs du veld, de la terre, des fleurs et du reflet du soleil brûlant dans l'eau des mares. Elle se souvient d'une époque dont il ne reste plus de témoins, elle est la seule à pouvoir raconter sa vie, cette vie. 

Depuis le temps que ce livre était posé dans ma PAL sans en bouger, il fallait bien faire quelque chose ! Et je n'ai pas été déçue par ce roman tout à fait particulier, mais d'une beauté très touchante. Le personnage principal m'a émue par son humilité, son dénuement. Après une vie passer à servir les autres, à les aider, à les accompagner, elle ne regrette rien. Elle n'a jamais voulu plus que ce qu'elle avait, et elle avait si peu. C'est la grande cruauté de ce roman, parler d'une époque, d'un endroit, d'un mode de vie où les gens n'avaient pas vraiment d'ambition, car, laquelle aurait-ce été ? 

Entre la ferme, les tâches ménagères, les menus travaux du quotidien, rien que le fait d'apprendre à lire était une chance extraordinaire. L'Afrique du Sud du XIXème siècle était un pays rude, éprouvant, ne faisant aucun cadeau. Les tensions entre Noirs et Blancs étaient déjà sous-jacentes et il n'y avait pas encore eu de découverte de minerais ou d'autres ressources permettant de s'enrichir. Karel Schoeman a parfaitement su décrire un univers qui emporte le lecteur, qui le dépayse et le fait voyager. 

Il y a une certaine lenteur dans ce roman, et cela m'a beaucoup plu. Tout d'abord parce que le personnage principal est une femme mourante, qu'elle a toute la nuit pour revivre cette histoire, qu'elle a le temps. Il ne pouvait pas y avoir d'urgence dans l'écriture. Et en plus de la lenteur, de ce rythme très doux, il y a une immense mélancolie qui se dégage de ce texte, et c'est très beau. Il y a de l'amour, de la bienveillance, une grande attention aux autres, et c'est ce mélange d'émotions qui créé un texte très nostalgique, mélancolique. 

C'est un texte à lire si vous voulez voyager sous le soleil du Roggeveld, si vous voulez sentir sous vos pieds les pierres du veld, découvrir la vie dans les fermes, l'austérité des familles néerlandaises installées depuis peu en Afrique du Sud, si vous voulez un texte qui se laisse doucement porter par les années, qui les sublime et rend chaque infime détail essentiel. 


(Et je trouve la couverture très belle et très juste.) 

Karel Schoeman. Cette vie. 10/18, 2010, 295p. 

Mercredi 15 mai 2013 à 21:44

 Villa avec piscine - Herman Koch

" Les fonctions d'un médecin généraliste sont simples à décrire. Il n'a pas à guérir les gens, il n'a qu'à s'assurer qu'ils ne se rendent pas en masse chez les spécialistes et dans les hôpitaux. Son cabinet est un avant-poste. Plus le médecin généraliste retient de patients dans son avant-poste, plus il exerce bien son métier. C'est un simple exercice d'arithmétique. Si nous, médecins généralistes, nous adressions tous ceux qui présentent la moindre démangeaison, plaque ou toux à un spécialiste ou à l'hôpital, le système s'effondrerait totalement. Totalement. " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/liv3248villaavecpiscine.jpgMarc Schlosser est médecin généraliste. Il a plutôt bien réussi, est marié à une femme adorable, Caroline, a deux filles aimantes et parfaites, Julia et Lisa. Un charmant tableau d'une famille aisée néerlandaise, jusque là. Lorsque Ralph Meier, acteur de théâtre et de cinéma, entre dans le cabinet de Marc, l'histoire est déjà en route. Les rouages s'imbriquent parfaitement les uns dans les autres, il n'est plus possible de faire machine arrière, il faudra aller jusqu'au bout. Ralph est sympathique, sa femme Judith aussi. Tellement sympathique d'ailleurs, que Marc passerait bien volontiers plus de temps avec elle. Jusqu'à partir en vacances dans la maison des Meier, au bord de la mer. Et puis Lisa et Julia s'entendent tellement bien avec les garçons Meier. Pas le choix pour Caroline, on ne lui a pas vraiment demandé son avis. Ce sont les vacances d'un homme qui s'ennuie, qui s'ennuie de sa femme, de sa vie, qui voudrait un peu de piment, d'aventure. Les aventures vont venir, mais pas vraiment celles qu'il souhaitait. Un événement va se produire, obligeant Marc à prendre une décision, qui pourrait bien changer le cours de sa vie si calme et richement plate. Il ne s'était absolument pas préparé à ce qui allait suivre... 

Difficile de résumer ce livre sans trop en dire. Il faut donner le cadre, mais pas vraiment parler de l'intrigue, tant elle se dénoue au fur et à mesure que le roman avance. Le cadre ne m'emballait pas trop au départ. Une petite vie nette de médecin généraliste, ça n'est pas follement exotique. J'ai tout de même été agréablement surprise à la lecture. Il est extrêmement difficile de s'attacher au personnage de Marc. Il paraît tour à tour prétentieux, incompétent et manipulateur. Il a tout, et pourtant va chercher ailleurs une histoire sentimentale. On ne peut pas l'apprécier, on ne peut pas cautionner ce qu'il fait, mais on ne peut pas ne pas le comprendre. Ses choix deviennent évidents au fil du roman. 

L'univers un peu malsain des relations de couple, des regards libidineux de Ralph Meier et de l'infidélité mettent parfois mal à l'aise. On a l'impression de regarder une scène où l'on n'a pas été convié. Ca dérange, et c'est probablement fait exprès. Herman Koch prête à son personnage des discours extrêmement intéressants mais désabusés sur l'Humain. Adieu au rêve, on nous ramène à la basse réalité des corps, aux hormones, à la biologie. Le sentimentalisme n'existe pas, il y a l'instinct de reproduction, de survie, les chairs flasques et le dégoût des autres. Pourtant on se laisse attendrir. Par les erreurs d'un homme qui ressemble à un grand gamin, 

On assiste à des vacances banales, pleines de petits conflits, de petits secrets, de gros mensonges. Et puis arrive le drame. Ce point d'acmé du récit où tout bascule, où tout fait sens, finalement. Le puzzle s'imbrique parfaitement, et l'histoire racontée par le personnage principal semble logique et implacable. Et puis on comprend rapidement où il veut en venir. Pourquoi Ralph Meier est venu le consulter, était-il malade ? L'est-il devenu ? On s'interroge, on se dit que non, ce n'est pas possible, et pourtant si. On a l'impression d'avoir été dupé, mais d'en être très content. On a été pris au piège et c'est formidable parce que ça donne un souffle puissant au roman. 

Il a manqué quelque chose pour que je sois totalement emportée par ce livre. Peut-être ne me suis-je pas totalement attachée aux personnages, peut-être parce qu'au fond je les détestais d'être aussi banals, de répéter leurs erreurs. Mais je dois avouer que c'est un roman très bien construit, où le but est justement de montrer un aspect du réel. De s'ancrer dans un quotidien reproductible à l'infini. Et c'est pour cela que je trouve, finalement, que c'est un roman bien ficelé. 

Merci encore aux éditions Belfond, pour l'envoi de ce service de presse.
 

Herman Koch. Villa avec piscine. Belfond, 2013. 380p. 
Traduit par Isabelle Rosselin

Lundi 6 mai 2013 à 10:10

 Les Mystères de Winterthurn - Joyce Carol Oates 

" En racontant l'incident après des mois, des années, Phineas Cutter ne put s'empêcher de l'embellir : les mains gantées de la "Nonne bleue" tremblaient violemment ; l'infinie pâleur de sa peau transparaissait sous sa voilette ; sa voix trahissait l'agitation, la culpabilité. Plus tard, il affirma, sans être conscient du mensonge, que la maîtresse et son domestique avaient échangé plus d'un regard "lourd de signification" en sa présence ; Mlle Georgina éprouva le besoin de s'appuyer sur le bras de Pride en s'en allant. Ah ! Les yeux noirs, perçants, étranges de la femme ne l'avaient-ils pas fixé d'une manière troublante ... ! " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/9782253162995T.jpgWinterthurn, ses habitants aux moeurs irréprochables, ses manoirs, sa bonne société de la fin du XIXème siècle. C'est ici, dans l'Est des Etats-Unis, que vit la famille Kilgarvan, dans son manoir de Glen Mawr. Georgina élève ses demies-soeurs, Thérèse et Perdita, depuis la mort de leur père. C'est chez ces charmantes mais solitaires jeunes filles que le premier meurtre se déroulera. Un nourrisson assassiné, sa mère perdue dans les affres de la folie. Xavier Kilgarvan, un cousin nourrissant des ambitions policières, décide de mener l'enquête. Douze ans plus tard, cinq jeunes femmes sont retrouvées tour à tour dans le Demi-Arpent du Diable, violentées, torturées. Le lieu serait hanté depuis plusieurs décennies. Qui est le coupable ? Xavier décide de revenir à Winterthurn pour se plonger dans cette affaire. De nouveau douze ans plus tard, c'est le pasteur, une paroissienne apparemment très proche de lui et la mère du saint homme qui sont retrouvés baignant dans leur sang, tué à coups de hache. Pour une troisième et dernière enquête dans le lieu tourmenté de son enfance, Xavier Kilgarvan se déplace, prêt à résoudre l'énigme de sa vie, l'énigme des Mystères de Winterthurn. 

Joyce Carol Oates est une auteur plus que prolifique, et jusqu'à aujourd'hui, beaucoup de ses romans avaient suscité ma curiosité, sans que je prenne le temps d'en lire un seul. Voilà maintenant chose faite, et je ne  regrette absolument pas cette découverte, car il s'agit, je pense, du début d'une belle histoire entre cette auteur et moi. 
Les Mystères de Wintherthurn fait partie d'une trilogie écrite par l'auteur, bien que chaque tome puisse se lire indépendamment des autres. Ils sont qualifiés de trilogie car ils ont une ambiance similaire, celle des romans gothiques de la fin du XIXème siècle. On retrouve tous les éléments de l'angoisse, distillés avec talent au fil du roman. Le décor, une ville pittoresque sans grand éclat, un manoir maudit et hanté. Les personnages, de jeunes femmes sensibles et pâles pouvant se balader la nuit. Des apparitions fantomatiques, des bruits suspects et inexplicables, au lever du jour, des découvertes sanglantes et abominables. Il ne m'en fallait pas plus, j'étais conquise. 

Ce qui m'étonne et me ravit dans le style de Joyce Carol Oates, c'est sa perfection, sa recherche. Pour une auteur qui publie plus de trois livres par an, on pourrait s'attendre à une forme de relâchement dans l'écriture. Or, j'ai trouvé ce roman extrêmement travaillé, avec un vocabulaire riche, des descriptions très visuelles et vivantes. Dès qu'elle décrit un personnage, un lieu, il prend instantanément vie devant nos yeux. Ses personnages sont profonds, travaillés. Ils ont leur part d'ombre, leurs faiblesses. On en déteste certains, on s'attache beaucoup à d'autres, Joyce Carol Oates réussit à impliquer totalement le lecteur dans son roman et c'est un vrai bonheur. 

Les Mystères sont également très bien ficelés. Chaque intrigue, chaque enquête gagne en intensité au fur et à mesure que l'on approche du dénouement. L'auteur sème le doute, et laisse souvent le lecteur dérouté, ne sachant s'il doit se raccrocher au réel ou au surnaturel. C'est tout le principe du roman gothique. Elle arrive à instaurer un suspense très efficace tout en jouant sur l'aspect très psychologique de la peur et de ce que l'on peut imaginer lorsque l'on se trouve dans une situation angoissante. Les personnages sont victimes de phénomènes surnaturels, ou bien d'eux-mêmes ? C'est cet équilibre qu'elle tient d'une main de maître. 


En bref, entre un sujet qui m'intéresse particulièrement, des intrigues menées magistralement, une ambiance de malaise et d'angoisse latents, des personnages creusés, ce roman m'a beaucoup beaucoup plu, et je pense que l'on peut même dire que c'est un coup de coeur. J'ai hâte de découvrir d'autres romans de cette auteur. 

Joyce Carol Oates. Les Mystères de Winterthurn. Le Livre de Poche, 2013. 528 p.

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