Jeudi 24 juillet 2014 à 8:36

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Dans le désespoir de sa solitude, pour chercher une compagnie dans cette commotion morale, il évoque la liftière en train d'allumer une cigarette à l'étage supérieur : il la sent maintenant très proche, il ressent une nécessité quasiment vitale de s'accrocher à elle, ne serait-ce qu'en pensée. Pourtant non seulement il est incapable de partager avec elle ce cauchemar vécu, mais il ne sait même pas le nom qu'il doit lui donner, à défaut de communication élémentaire : Bébé, Tétété, Epépé ? "

/images/toppochesM124959.jpg Le comble, pour un linguiste de renom, serait peut-être de se retrouver dans une situation où ses connaissances ne l'aident en rien, et où toute tentative de communication avec d'autres individus se solderait par un échec. C'est ce qui arrive à Budaï, brillant intellectuel hongrois parti pour un congrès à Helsinki. Or, à l'aéroport, confusion. Budaï se trompe d'avion sans s'en rendre compte, s'endort pendant le vol et se réveille dans un pays dont il ne connait ni le nom, ni l'emplacement géographique, et encore moins la langue. Impossible de communiquer, de trouver une solution afin de rentrer chez lui, et rien ne peut lui indiquer où il se trouve. Après la surprise, l'aspect comique d'une telle situation, vient l'effroi, le sentiment glaçant d'absurdité. Dans cette ville impersonnelle où il se sent rejeté, anonyme parmi la foule, Budaï verra sa pugnacité mise à rude épreuve, perdra foi en l'humanité, un peu, mais trouvera un réconfort auprès d'une petite liftière dont il n'arrive pas à comprendre le nom. Ah, Epépé .... 

Quel étonnant roman ! Débuté par une excellente préface d'Emmanuel Carrère, il se poursuit avec une narration rythmée, prenante. Tout surprend, dans Epépé. Le lecteur est aussi déboussolé que le personnage principal, ils ne peuvent s'aider l'un l'autre. De pérégrinations urbaines à travers la jungle du métro, des rues bondées, des centres commerciaux débordant de vie en moments d'intense solitude, rien ne semble avoir de fin, dans Epépé. Les gens qui peuplent ce mystérieux pays semblent imperméables à toute tentative de communication, même lorsque le pauvre Budaï en est réduit à utiliser ses mains, des dessins etc.... Les premiers chapitres, on rit, c'est assez cocasse, tout de même, un linguiste qui ne peut pas parler la langue d'un pays... 

Et petit à petit, on rit jaune, puis on ne rit plus du tout. L'absurdité de la situation en devient oppressante, la mauvaise blague dure trop longtemps. Mais notre Budaï ne se décourage pas, il continue de chercher des moyens de rentrer chez lui, dépensant son énergie comme s'il nageait à contre-courant. Roman écrit en Hongrie lorsqu'elle faisait partie du bloc communiste, on sent que Ferenc Karinthy cherche à faire passer un message politique. L'uniformisation des gens, le côté impersonnel des bâtiments, des magasins, des gens, cette impression de pouvoir les substituer les uns aux autres, l'incompréhension... Tout rappelle une satire des régimes totalitaires, et surtout la fin, cette grande révolution populaire sanglante fait écho à beaucoup d'évènements historiques de l'Europe de l'est. 

Roman faussement léger et drôle, Epépé frappe par sa gravité, par son sérieux, par l'angoisse qui peut émaner d'une situation aussi grotesque qu'une erreur d'aiguillage. C'est une plongée au coeur d'un système qui broie les individus afin de les recracher en une masse si compacte qu'elle écrase ceux qui auraient décidé d'aller contre. C'est un roman qui fait réfléchir, en plus d'être diablement intéressant, sur le plan linguistique. Que de petits bonheurs pour ceux qui s'intéressent à l'étymologie, aux sonorités, aux ressemblances entre les langues. On suit avec délice les interrogations de Budaï sur ce drôle de langage, on fait des hypothèses, on se trompe, on recommence. Un bonheur de lecture. 

Ferenc Karinthy. Epépé. Zulma, 2013. 285p. 

Vendredi 11 juillet 2014 à 8:24

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 " La porte a claqué derrière moi, j'ai appuyé sur l"interrupteur de l'entrée. J'ai prononcé son nom et le silence m'est tombé dessus. Mylène n'était pas là. Elle avait pu être retenue à son journal par la rédaction d'un article de dernière minute, ou ressortir faire une course. J'ai déposé ma veste dans la penderie de l'entrée, puis j'ai fureté dans l'appartement à la recherche d'une trace d'elle. Ca n'a pas été long. La feuille d'un format courant était placée en évidence sur l'îlot central dans la cuisine, sous le manche en corne d'un couteau Laguiole. 
"Je ne rentrerai pas". "

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Peut-on imaginer l'effroi de Jean-Baptiste, rentrant chez lui, s'attendant à y trouver sa femme, sa compagne, celle avec qui il a partagé vingt-quatre ans de vie commune, et ne trouvant qu'un mot lapidaire : "Je ne rentrerai pas". ? Les questions se bousculent : est-ce temporaire ? Est-ce un imprévu ? L'aime-t-elle toujours ? Ca ne ressemble pas à la douce Mylène, à cette femme aimante avec qui il faisait encore l'amour sur le canapé quelques heures auparavant. Et lui, lui qu'a-t-il fait pour mériter ça ? Lui qui a toujours aimé sa femme, qui a toujours tout fait pour la rendre heureuse, pour mériter son amour... Il pourrait accepter que sa femme le prenne pour un salaud, sur un malentendu. Mais que sa fille l'appelle, en lui disant qu'il est un monstre, un homme odieux, que Mylène a été suffisamment clairvoyante pour partir et mettre fin à des années d'un jeu ignoble, c'en est trop.Il le sait, qu'il est innocent, qu'il l'aime, Mylène, qu'il n'est rien sans elle, que c'est elle, l'unique. On plaint Jean-Baptiste, on se dit que ce n'est quand même vraiment pas juste. Mais connait-on la vérité . Vraie victime ? Vrai salaud ? Manipulateur expert ? Dindon de la farce ? Qu'en est-il du jeu des apparences ...

Voilà un roman glaçant sur le couple, la confiance, la trahison ... Voilà un roman où l'on ne sait pas qui manipule qui, qui a raison, qui est honnête. Au départ tout semble clair, le lecteur prend parti, on se range du côté du faible, par compassion. Et à force de pénétrer dans ce drame ordinaire, on commence à douter, à se poser des questions. Gilles Bornais joue avec nos émotions, avec notre crédulité, et il le fait plutôt bien.

L'histoire est simple, les péripéties peu nombreuses, on erre dans Paris avec Jean-Baptiste, avec ses doutes, ses questionnements, son chagrin, ses remords, on vit avec lui l'étirement du temps, la tonalité froide du téléphone, les sonneries qui s'égrainent et la voix métallique du répondeur. On vit chaque heure à ses côtés, on l'accompagne dans ses changements d'humeur, d'avis, dans ses souvenirs aussi. Mylène n'est jamais loin, elle est centrale, on la voit à travers le prisme de son mari blessé, on découvre ses habitudes, ses goûts, un aperçu de sa vie. Et petit à petit, on la comprend. 

"J'ai toujours aimé ma femme", c'est l'impression d'être pris dans une spirale manipulatrice, où la mesquinerie conjugale serait le coeur. On ne veut pas y croire, on cherche des excuses, on est floué, mais force est de constater que l'on reste abasourdi devant l'ampleur des révélations. L'auteur a réussi un joli petit tour de force littéraire, et sans être le roman de l'année, on passe tout de même un moment intéressant, qui nourrit énormément de réflexions. Sujets universels, la trahison, la confiance, le mensonge, nous renvoient à nos propres expériences, nos propres souvenirs, et font que ce roman ne peut pas glisser sur son lecteur. 

Gilles Bornais. J'ai toujours aimé ma femme. Fayard, 2014. 248p. Sortie le 1er septembre 2014

Mardi 8 juillet 2014 à 16:02

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(Non, non, mesdames, on voit encore beaucoup trop de peau !) 


 On me reprochera peut-être de parler d'autre chose que de littérature sur ce blog, mais aux dernières nouvelles ce site est à moi, et j'y fais donc encore ce que je veux. Contrairement à la vraie vie. Je commence à être un peu fatiguée, agacée, usée (aucune mention inutile à rayer) de voir à quel point notre société prône une liberté illimitée tout en la bafouant aussi impunément. 

Je ne sais pas vraiment si je suis féministe, est-ce que c'est une maladie diagnosticable ? Est-ce que c'est grave ? Est-ce que, même pire, c'est contagieux ? Tout ce que je sais, c'est que la question suscite de bien nombreux débats, et que je ne fais partie ni de celles qui méprisent les hommes, ni des rétrogrades préconisant la place de la femme entre la cafetière et le micro-ondes. Je suis de celles qui en veulent autant aux femmes qu'aux hommes pour les petites leçons de sexisme ordinaire du quotidien. Je suis de celles qui ne vont pas pleurer d'être une femme en disant que c'est trop dur, ou que nous sommes les victimes d'un système. Parce qu'avant d'en être les victimes, nous en sommes aussi les architectes, de manière parfaitement équitable avec nos homologues masculins. 

Quand je lis des articles (comme
celui-là par exemple), avant de bondir, je m'interroge. D'abord, le rédacteur ne fait-il pas preuve d'un second degré douteux ? Apparemment pas. Si l'on donne des conseils aux femmes, c'est que nous sommes en danger, c'est pour notre bien, pour nous protéger. Mais de quoi ? D'être, tout simplement. Attention, nous dit-on, les prédateurs sont partout, il faut donc agir en conséquences. Ne pas trop se dévêtir, ne pas trop boire, ne pas se promener seule, ne surtout pas exposer son corps, de quelque manière que ce soit. Epoque des libertés bénies, n'y aurait-il que les hommes pour être libres ? Un autre l'a dit avant, "Homme libre, toujours tu chériras la mer", mais femme libre, tu la chériras encore plus avec un pantalon, et un pull, et une cagoule. 

Y a-t-il pire forme d'oppression que celle sournoise et insidieuse des traditions, des a priori, des stéréotypes ? Je suis une femme, libre, avec des droits. Formidable ! Déjà je dis merci, c'est bien aimable de me considérer comme un être à peu près humain et évolué. Suffisamment en tout cas pour avoir un travail, voter, gagner de l'argent et conduire une voiture. Mais apparemment pas assez pour pouvoir choisir comment je m'habille, la quantité d'alcool que je bois ou même les lieux où j'ai envie de me balader. Pauvres petites créatures sans défense, il nous faut un chaperon pour nos sorties nocturnes ! Une vieille camériste voilée de noir nous suivant à quelques mètres, pour nous protéger des mâles, mais surtout de nous-mêmes, de nos charmes, de nos attraits. Vous comprenez, une épaule un peu trop nue risquerait de faire perdre le contrôle au plus courtois des galants. 

Je lance donc une alerte "morale judéo-chrétienne". Plusieurs milliers d'années après que cette "petite cagole" d'Eve ait fauté, la femme est toujours la même vile tentatrice, assoiffée de stupre, visant uniquement à corrompre l'âme des plus purs. Et ces pauvres hommes, si faibles, si proches de leur instinct, incapables de résister à la tentation, il faudrait presque les pardonner. La femme pèche (et l'homme mange le poisson). Plaire est une vanité, la fautive doit donc être punie pour avoir voulu être regardée. Et même quand elle n'a rien voulu du tout, fallait-il donc qu'elle ait tous ces seins, ces cuisses, ces fesses ? Ca ne vous donne pas envie de vomir, vous, que l'on puisse manquer de respect à une femme jusqu'au plus profond de son intimité, en se servant comme on le ferait dans un buffet, et que l'on trouve ensuite plus à redire sur la taille de sa jupe ou sur le nombre de verres qu'elle avait bu ? Si vous m'invitez dans votre jardin, est-ce que je vais rentrer chez vous, fouiller tous vos placards, prendre vos bijoux, découper les photos de vos enfants et après dire : Mais vous aviez laissé la porte ouverte, c'est que vous cherchiez un peu, non ? 

Payer pour les autres parce qu'ils ne sont pas capables de réfréner leurs pulsions animales, c'est inadmissible. Porter un jugement de valeur sur une femme en fonction de la taille de ses vêtements, c'est inacceptable. Dire qu'une fille "l'a bien cherché", c'est un non-sens. On peut chercher à avoir un rapport sexuel, à faire l'amour, à séduire, à baiser. On ne cherche jamais à être violé. Est-ce que vous cherchez à vous faire tuer, cambrioler, racketter, renverser par une voiture, choper la gangrène ? Est-ce que vous cherchez à vivre une situation qui vous fera du mal ? Et pourtant, dans la bouche des hommes comme des femmes, beaucoup de victimes d'agressions sexuelles le "cherchent", Parce que ça rassure, parce que nous on n'est pas comme ça, parce qu'il faut bien qu'il y ait des personnes à qui ça arrive et tant que ce n'est pas nous, tout va bien. Parce que dans notre inconscient collectif, ces filles-là en ressortent salies, parce qu'il faut mettre une barrière entre elles et nous, comme on le ferait avec un animal enragé. Les mettre au même niveau que nous, enlever la barrière, la frontière, c'est admettre que ça pourrait aussi nous arriver, et ça fait peur, alors autant leur filer une crécelle et les mettre au ban. 

Sérieusement, il va falloir encore attendre combien de temps avant de focaliser notre dégoût des autres sur le coupable et pas sur la victime ? Devoir s'habiller, boire, sortir, vivre, en tenant compte du comportement potentiel de certaines personnes, c'est accepter le fait que le problème vienne de nous, et pas d'eux. Je ne peux pas mettre cette robe parce que je risque de me faire violer, ça signifie "j'accepte de devoir modifier mon comportement, être quelqu'un d'autre que celle que j'ai envie d'être, m'excuser en permanence d'être qui je suis et me cacher, cacher mon corps, cacher mes formes afin de les gommer autant que possible, devenir une entité neutre, non genrée, renier que je suis une femme." Et on nous parle de libertés ? 

Si un de mes amis (un homme, par exemple) finit sa soirée dans un état d'ébriété avancé, s'il se balade en caleçon devant moi, vais-je me transformer en bête assoiffée de sexe, vais-je lui faire sauter ses fringues et son statut d'être humain afin de satisfaire une pulsion animale ? Il se trouve que non. Est-ce trop demander aux hommes que d'avoir les mêmes égards ? Apparemment oui. Mais n'allez pas vous méprendre, je ne considère pas tous les hommes comme des prédateurs sexuels. Il serait trop facile, trop réducteur, de les mettre tous dans le même sac. J'en ai juste plus qu'assez d'entendre toujours les mêmes refrains, serinés sur le ton condescendant des gens à qui il n'arrive rien.

Je veux bien être prudente, ne pas accepter de bonbons de la part des inconnus, ne pas monter dans la voiture d'un monsieur que je ne connais pas, mais si je dois sortir uniquement lorsque le soleil brille, porter des pantalons et des sweats-shirts amples à longueur d'année et me faire toujours accompagner de plusieurs personnes afin d'éviter tout risque, je pense qu'à un moment je vais aussi arrêter de vivre. On ne peut pas vivre dans la peur constante de l'autre, ou agir toujours en fonction de ce qui pourrait arriver de pire. Nous n'avons rien fait de plus que d'être nées femmes, alors pourquoi ne pas se poser les bonnes questions, et commencer par blâmer les vrais responsables des agressions sexuelles, c'est à dire les agresseurs eux-mêmes ? 

Lundi 7 juillet 2014 à 22:45

 
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"Parfois elle avait le sentiment qu'elle ne pourrait jamais rien offrir à Park qui arrive à la cheville de ce qu'il lui avait donné. C'était comme s'il lui balançait des trésors sur les genoux chaque matin sans même le savoir, sans aucune idée de la valeur qu'ils avaient.
Elle ne pourrait pas le rembourser. Elle n'arrivait même pas à le remercier correctement. Comment peut-on correctement remercier quelqu'un pour les Cure ? Ou les X-Men ? Parfait, elle avait le sentiment qu'elle aurait toujours une dette envers lui.
Et là, elle s'est souvenue que Park ne connaissait pas les Beatles." 


/images/sortiespocketjeunessepkj2014LPPOp1X.jpgLorsqu'Eleanor monte dans le bus ce matin là, Park ne voit qu'elle. A vrai dire, l'intégralité du bus ne voit qu'elle. Des cheveux roux improbables, un peu trop de chair, Eleanor prend de la place. Et puis ses vêtements, elle le fait exprès ou bien ? Personne ne semble décidé à faire une place à la nouvelle, sauf Park, bien à contre-coeur. A force d'être assis à côté d'elle matin et soir, Park commence à s'intéresser à cette fille bizarre qui lit ses comics par-dessus son épaule et a l'air d'aimer la même musique que lui. Mais ce qui l'intrigue encore plus, c'est l'histoire d'Eleanor. Ce qui l'a amenée à quitter sa maison pendant un an, l'histoire de ses parents, de ses frères et soeurs, son quotidien, ses peurs, ses espoirs, ses doutes. Eleanor, elle, voit en Park quelque chose de rare. Du respect, de l'attention, l'impression d'être une belle personne, qui mérite d'être protégée. Alors tous les deux, avec leurs walkman, leurs cassettes de The Cure et toute la force de leur amour, ils vont s'apprivoiser, se chercher, apprendre à se découvrir et à s'aimer. 

Eleanor & Park, c'est un peu comme plonger dans un roman de John Green, ou de Stephen Chbosky. C'est se laisser attendrir par deux adolescents adorables, le garçon le plus chouette de la Terre et la fille la plus farouche du monde. C'est se rappeler que l'on a eu 16 ans un jour et que c'était une période pleine de doutes, de questionnements, d'espoirs. Eleanor & Park, ce n'est pas seulement une histoire d'amour incroyablement belle, c'est aussi un roman sur la vie, sur le fait de grandir, sur l'émancipation, sur le sentiment d'être coincé entre le statut d'enfant et celui d'adulte, et ne pas savoir vraiment de quel côté on préfère aller. 

Porté par un humour subtil et une fraîcheur déconcertante, Eleanor & Park n'hésite pas à aborder des sujets sensibles. Le divorce, la maltraitance psychologique, qu'elle soit familiale ou scolaire, la pauvreté, les violences domestiques, Rainbow Rowell n'hésite pas à accentuer le contraste en mettant en relation deux personnages fondamentalement différents. Park vient d'un milieu aisé, avec des parents qui s'aiment, un seul frère. Au contraire, Eleanor partage sa chambre avec ses quatre frères et soeurs, entend régulièrement sa mère se faire frapper par son beau-père, et considère son père comme un étranger. 

Un vrai coup de coeur, voilà comment je peux qualifier ce roman. Un livre que l'on n'a pas envie de refermer avant la fin, et quelle fin ! On rit, on pleure, on voyage dans les années 80, on se révolte, on redoute la fin... C'est en tout cas un livre qui procure de l'émotion, où l'alternance des points de vue d'Eleanor et de Park permet de suivre l'évolution de leurs sentiments. C'est un livre que je mets en parallèle avec Paper Towns de John Green, pour la force de la figure féminine, et le dévouement de la figure masculine. Alors jetez un oeil à Eleanor & Park, vous ne perdrez pas votre temps ... 

(Et je tiens quand même à attirer votre oeil sur cette couverture magique et magnifique, qui porte un petit laïus de John Green, comme quoi, je vous avais dit que l'on voguait sur les mêmes eaux ! ) 

Rainbow Rowell. Eleanor & Park. Pocket Jeunesse, 2014. 378p. 

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