Lundi 10 novembre 2014 à 9:51

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"Comme toujours, Calum portait son manteau bleu décoré de boutons jaunes et un Glengarry usé par le temps sur le crâne. Il disait pouvoir discerner des formes dans la lumière du jour, mais ne rien y voir dans la pénombre de sa blackhouse. Alors,il préférait être assis dehors, dans le froid, et de voir quelque chose, plutôt que d'être aveugle au chaud à l'intérieur.
Je passais souvent du temps en sa compagnie, à écouter ses récits. Il savait presque tout sur les gens qui vivaient là et sur l'histoire de Baile Mhanais. Quand il m'a raconté pour la première fois qu'il était un vétéran de Waterloo, j'ai eu un peu honte d'avouer que je n'avais aucune idée de ce qu'était un vétéran, ou Waterloo. Ce fut mon instituteur qui m'apprit qu'un vétéran était un ancien soldat et que Waterloo était une bataille célèbre qui avait eu lieu à des milliers de kilomètres de là, sur le continent européen, et à l'issue de laquelle Napoléon Bonaparte, le dictateur français, avait été vaincu." 

/images/petermay.jpg Sime n'avait jamais mis les pieds sur l'Île d'Entrée et n'avait jamais fait la connaissance de Kirsty Cowell avant le début de l'enquête sur la mort de Mr Cowell. Pourtant cette femme lui dit quelque chose, il est même certain de la connaître. Elle possède d'ailleurs un pendentif assorti à la bague familiale de Sime, ce qui ne fait qu'épaissir le mystère. Mais pas question de se lier avec elle, car elle est la principale suspecte dans le meurtre de son mari. Alors que Sime est torturé par une rupture récente qui l'empêche de dormir, son esprit embrumé vogue vers des temps plus anciens, lorsque ses ancêtres vivaient encore dans les Hébrides, et où son aïeul, dont il porte le nom, était tombé amoureux d'une certaine Ciorstaidh, fille du châtelain. Passé et présent se mêlent et tissent ensemble les destins de Sime et Kirsty, alors que cette dernière pourrait être une femme dangereuse, prête à tout, et surtout à tuer.

Nouvelle plongée dans l'histoire de l'Ecosse avec Peter May, mais cette fois-ci sous un angle légèrement différent, étant donné que l'auteur se focalise sur les exodes massifs ayant eu lieu au XIXème siècle. Au moment des grandes famines, de nombreux propriétaires terriens ont expulsés les familles vivants dans leurs villages, afin de transformer ces terres en pâturages. Les écossais (comme les irlandais au même moment) n'eurent d'autre choix que celui d'embarquer sur des navires en partance pour le Canada. Ce que j'aime chez Peter May, c'est ce goût pour l'histoire et la culture d'un pays. Ici, l'enquête est importante mais laisse la part belle à la culture écossaise, à ses traditions.

Le style, fluide, entraîne le lecteur dans une histoire qu'il n'a pas envie de terminer. J'ai vraiment apprécié ces retours dans le passé, bien que les liens avec le présent m'aient semblé un peu faciles. Le recours aux insomnies et aux souvenirs inconscients afin de convoquer une histoire nationale m'ont légèrement fait tiquer, mais cela n'a pas altéré le plaisir que j'ai pris à lire ce roman. D'autant plus que l'ambiance des Îles de la Madeleine rappelle les Hébrides, ce qui ne dépayse pas les lecteurs adeptes de la trilogie écossaise. 

Les personnages m'ont touchée, avec leurs défauts, leurs peurs, leurs actes stupides. Toutefois, les scènes se déroulant en Ecosse sont sympathiques mais légèrement trop romanesques, le tout manque un peu de crédibilité. Par contre, les scènes de traversée, avec ce que cela implique comme lot de maladie, misère, décès, m'ont semblé plutôt réalistes, tant les conditions de voyages étaient déplorables pour les personnes pauvres. L'Île du Serment est un bon roman policier, un peu en dessous de la trilogie écossaise, mais tout de même prenant, bien ficelé et dont l'aspect historique et culturel m'a une fois de plus séduite.


Peter May - L'Île du serment. Rouergue Noir, 2014. 424
 p. 

Mercredi 27 août 2014 à 21:27

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S’il y avait une ombre, en tout cas, qui ne pouvait jamais être effacée, c’était l’angoisse. Héritée de génération en génération, l’angoisse, pour les femmes dont les hommes gagnaient leur vie en mer, était comme un papillon prisonnier de leurs entrailles : battant des ailes, se cognant, il n’arrivait jamais à s’évader et restait rarement tranquille. Quand, après une période en mer, le pêcheur rentrait chez lui quelques jours, ces ailes terrorisées s’apaisaient si brièvement que les zones lésées n’avaient aucune chance de guérir. "

/images/Couv3/002941079.jpgDepuis l'enfance, Myrtle et Annie passent leur temps ensemble. Alors que la première est modeste, réservée, timide, sans prétention, sa compagne est sublime, culottée, vaniteuse et aguicheuse. Et pourtant, bon gré mal gré, elles avancent à travers leur vie main dans la main, même dans les tempêtes, même dans les disputes. Elles peuvent se lancer leur haine à la figure, elles se retrouvent vite à nouveau dans la cuisine de Myrtle à battre les cartes et passer le temps en attendant le retour de leurs hommes. Comme toutes les femmes de marins, elles ont l'oeil sans cesse rivé sur la mer, à guetter les coups de chien, à essayer de ne pas penser à la fragilité des vies de ceux qu'elles chérissent. Mais malgré tout l'amour qu'elles se portent mutuellement, malgré leur amitié d'enfant, puis d'adulte, quand le pire advient, quand la douleur frappe en pleine poitrine, les vieilles rancoeurs ressortent. Comment réapprendre à vivre quand la vie s'arrête ? Et quand la personne qui pourrait nous épauler se met à déverser sur nous ses ressentiments ?

Que ce soit le titre, ou la couverture, tout me plaisait au premier abord dans ce roman. Et même après lecture, je ne regrette pas les bons moments passés dans ce petit port de pêche écossais. Je n'ai certes pas eu le coup de coeur que j'attendais, mais à aucun moment je n'ai eu envie de mettre de côté ce roman. Angela Huth est plutôt douée pour décrire les relations amicales et amoureuses, pour dépeindre la douleur, les tourments de l'adolescence...

J'ai quand même quelques petites choses à redire. Je ne voudrais pas passer pour une fondamentaliste de la langue française, toujours prête à construire des barricades pour l'honneur de la syntaxe, mais certaines tournures m'ont dérangées. De même, l'utilisation de certains mots comme "pépère" afin de décrire le mouvement d'un bateau, m'a fait tiquer. Quant aux rebondissements de l'intrigue, j'en avais anticipé une bonne partie, et n'ai pas eu de réelle surprise. Ce qui ne m'a pas empêché de finir ma lecture. Mais la fin est un peu fleur bleue, alors que certains passages peuvent être, au contraire, terriblement rudes.

Pas de réelle unité, mais tout de même une ambiance intéressante, des traditions étonnantes et surtout une thématique qui me tient à coeur : la mer, les marins, les femmes de marins, la vie dans l'attente. Tout cela est plutôt bien traité et assez plaisant. Certaines critiques ont trouvé chez Angela Huth un petit côté Jane Austen, et je peux être d'accord, sur certains points. Une héroïne assez quelconque mais attachante et finalement pleine de qualités, des déceptions amoureuses, le poids des qu'en-dira-t-on, des amitiés trahies. En tout cas, c'est très british, et ça fait passer un moment sympa.

Angela Huth. Quand rentrent les marins. Folio, 2014. 487p.


Dimanche 4 mai 2014 à 17:54

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" Fin secoua la tête et porta de nouveau son attention sur la porte. Il posa ses pieds de part et d'autre, sur le fuselage, et tira de toutes ses forces. Soudain, il y eut un bruit de métal que l'on déchire, et la porte céda. Fin tomba en arrière, sur l'aile. Pour la première fois en dix-sept ans, la lumière pénétra dans la cockpit. Fin se mit à genoux et agrippa l'embrasure pour se hisser et regarder à l'intérieur. Derrière lui, il entendit Whistler qui grimpait sur l'aile, mais il ne se retourna pas. Le spectacle qu'il découvrit était choquant et son odorat fut assailli par une puanteur qui rappelait le poisson pourri."

/images/Couv3/9782330026950.jpgFin s'est définitivement installé sur l'île de Lewis. Après ses aventures dans L'île des chasseurs d'oiseaux et l'Homme de Lewis, il compte mettre de l'ordre dans sa vie en prenant un boulot lié à la sécurité d'un domaine, afin  de lutter contre le braconnage. C'est ainsi qu'il va reprendre contact avec Whistler, un ami de longue date, rencontré au collège. A cette époque, Whistler faisait partie d'un groupe très en vogue, et Fin faisait le roadie pour le groupe. Le groupe existait toujours, bien que la disparition du leader, Roddy, ait eu une incidence sur sa popularité. Whistler n'a jamais rejoint une vie tranquille. Après avoir quitté le groupe il est resté sur Lewis, à braconner à droite à gauche, à vivre sans travailler et étancher le chagrin d'avoir perdu sa femme et de voir sa fille le détester. Alors les retrouvailles avec Fin pourraient amener leur lot de bons souvenirs. Sauf que rien ne se passera comme ça. Rien ne sera pareil après avoir découvert l'avion. Un avion au fond d'un loch, ça arrive. Un cadavre à l'intérieur, ça arrive. Mais quand l'avion est celui de Roddy, et le cadavre, celui de Roddy, là ça remet beaucoup de choses en question. 

Troisième et dernier tome de la trilogie écossaise de Peter May, et toujours le même plaisir à retrouver Fin et son don pour se fourrer dans des situations compliquées. Comme dans ses polars précédents, l'auteur a décidé de laisser une part plus importante à l'aspect culturel et à l'histoire du personnage principal plutôt qu'à l'intrigue policière. On passe toujours autant de temps dans la nature, à se balader près des lochs, dans les montagnes peu clémentes de l'île de Lewis. 

Côté histoire, c'est un nouveau pan de la fin de Fin McLeod que l'on découvre. Son adolescence, les années fac, l'époque de l'insouciance, des conneries, des histoires de filles et de musique. Mais aussi, plus ancrée, plus grave, l'importance de l'histoire familiale, de la dette que les gens peuvent contracter les uns envers les autres, de la responsabilité des vies. Peter May nous balade toujours entre plusieurs époques, plusieurs temporalités, mais c'est maîtrisé et l'on n'est jamais perdu. Et puis l'intrigue principale se mêle à d'autres histoires, à de la vengeance, à des conflits enfouis. Tout ce maelström compose un roman équilibré, à l'histoire surprenante, à la fin pas si inattendue, mais intrigante. 

On s'attarde sur les sentiments du personnage principal, sur sa relation amoureuse, et le polar quitte son but premier pour livrer des réflexions sur le couple, les attentes, la lassitude, les regrets, l'impuissance. Et c'est là que Peter May est fort. Aussi doué pour les courses-poursuites dans les montagnes que pour les drames familiaux, il ne laisse jamais son lecteur sur le côté et crée des situations au suspense toujours renouvelé. Une vraie gourmandise. 

Peter May. Le braconnier du lac perdu. Babel, 2014. 361p.

Jeudi 25 avril 2013 à 21:07

 L'Homme de Lewis - Peter May 

" Pourquoi étiez-vous si désireux de savoir depuis combien de temps ce corps se trouvait dans la tourbe ?
- Pour m'en débarrasser, professeur, et le confier aux archéologues.
- Je crains fort que cela ne soit pas possible, inspecteur.
- Pourquoi ?
- Parce que cela fait tout au plus cinquante-cinq ans que ce corps est dans la tourbe. "
L'indignation se lisait sur le visage de Gunn. " Vous m'avez dit il n'y a pas dix minutes que vous n'étiez pas une putain de machine à datation au carbone." Il prit plaisir à insister sur le "putain". "Alors, comment pouvez-vous être sûr de ça ?"
Mulgrew sourit. "Regardez son avant-bras droit avec attention inspecteur. Vous pourrez constater que nous avons là un portrait grossier d'Elvis Presley, au-dessus de la mention Heartbreak Hotel. Par ailleurs, je suis à peu près certain qu'Elvis n'a pas vécu avant la naissance du Christ. Et, en tant que fan confirmé, je peux vous dire sans hésitation qu'Heartbreak Hotel a été numéro un des hit-parades en 1956." 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/9782330014414175.jpgL'Homme de Lewis est la suite de l'Ile des chasseurs d'oiseaux, chroniqué précédemment. Alors attention aux spoilers ! 

Nous retrouvons notre Fin Macleod pour un nouveau roman, mais cette fois-ci il a quitté la police et a décidé de revenir pour une durée indéterminée sur l'Ile de Lewis. Séparé de Mona, il semble envieux de recommencer sa vie, de créer un vrai lien avec Fionnlagh, son fils, et reprendre contact avec Marsaili, son amour de jeunesse. C'est sans compter sur la découverte d'un corps, extraordinairement bien conservé dans la tourbe, après plusieurs décennies. Il s'agit d'un jeune homme, assassiné sauvagement, et qui aurait un lien de parenté avec le père de Marsaili. Le problème, c'est que celui-ci s'embourbe peu à peu dans les brumes d'Alzheimer et ne peut être vraiment d'une grande aide. Pourtant, au fond de lui, tous ses souvenirs resurgissent, les uns après les autres, seulement; il n'y a personne pour les relier, ou y accorder le moindre crédit. Fin est en partie chargé de s'occuper du vieil homme, mais également de trouver des informations sur le jeune homme retrouvé dans la tourbe. Toute cette histoire va le transporter cinquante ans auparavant, et mettre à jour des événements sombres de l'histoire de l'Ecosse. Particulièrement en ce qui concerne le sort réservé aux orphelins, souvent envoyés sur les îles Hébrides, afin de servir de main d'oeuvre. 

Déjà totalement convaincue par l'Île des chasseurs d'oiseaux, je n'ai pas attendu longtemps avant de me jeter sur la suite. On retrouve l'ambiance du premier volume, une atmosphère paisible et chargée de traditions. En plus de la situation contemporaine des îles Hébrides, on est plongé dans une Ecosse d'après-guerre assez rude, réservant un sort peu enviable aux orphelins. Historiquement, c'est encore une fois très fouillé. On sent que l'auteur a passé du temps à faire des recherches, afin de resituer de manière aussi précise que possible un contexte historique et social très dense. 

C'est également un roman sur le mensonge, la dissimulation, la quête d'identité. Peut-on se construire sur un mensonge ? Quelles racines sont les nôtres lorsque l'on apprend que tout ce sur quoi on a bâti notre vie est faux ? Peter May aborde ces thèmes à travers des personnages auxquels on s'était déjà attaché dans le premier tome, et avec qui l'on chemine encore une fois. Le personnage de Fin est moins mis en avant que dans l'Île des chasseurs d'oiseaux, il est moins présent, dans un sens. Mais ce n'est pas un défaut, car cela permet de découvrir Tormod Macdonald et son histoire, remontant à quelques décennies.

L'enquête en elle-même n'est pas très policière. C'est surtout une lutte entre la maladie et le besoin des souvenirs de Tormod de refaire surface. Finalement, on se moque un peu de trouver un coupable, car c'est le contexte qui est important. Les éléments s'imbriquant entre eux ont plus d'intérêt que la finalité même de l'histoire. C'est un roman policier à lire pour son ambiance, son décor. Si l'on est amateur de sensations fortes et de rebondissements, on trouvera sûrement qu'il manque de rythme. Mais ce n'est pas le but de l'Homme de Lewis. Il faut simplement se laisser bercer par l'auteur, par Tormod qui égraine ses souvenirs, par Fin, et par tous ces habitants de Lewis, qui vous content leur histoire, au son du vent soufflant sur la lande. 


Peter May. L'Homme de Lewis. Babel noir, 2013. 380p.

Dimanche 14 avril 2013 à 23:02

 L'Île des chasseurs d'oiseaux - Peter May

" Le dimanche, lorsque Fin était enfant, toute l'île fermait. On ne trouvait rien à manger ou à boire, impossible d'acheter des cigarettes ou de l'essence. Il se souvenait des touristes qui erraient dans les rues pendant le sabbat, assoiffés et affamés, coincés sur l'île jusqu'au premier ferry du lundi. Bien sûr, tout le monde savait que lorsque les églises de Stornoway se vidaient, les pubs et les hôtels se remplissaient de noceurs du dimanche qui, en secret, entraient par la porte de derrière. Après tout, ce n'était pas illégal de boire pendant le sabbat, juste inconcevable. En tout cas, il importait de ne pas être vu. " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/82856681o.gifL'inspecteur Fin Macleod vient de perdre tragiquement son fils et ne semble pas prêt à remettre le pied au travail. Mais son couple bat de l'aile et il a désespérément besoin de penser à autre chose que tous ces problèmes accumulés. Sa direction décide de l'envoyer sur l'Île de Lewis, dont il est originaire. Cette île au large de l'Ecosse a été le décor d'un meurtre dont la mise en scène macabre ressemble étrangement à une affaire dont Fin s'est occupé à Edimbourg. Il n'y a pas remis les pieds depuis vingt ans, et tous ses souvenirs vont lui revenir en pleine face. Afin de mener cette enquête à bien, il devra questionner ses anciens amis, visiter les lieux de son enfance, revivre certains drames. Et petit à petit, il se rend compte que cette enquête  n'est pas si anodine que cela, que tout à été fait pour qu'il revienne sur l'île, comme un appel de son passé, ou bien de quelqu'un encore bien vivant qui a un message à lui passer... 

Pour toute personne aimant les pays anglo-saxons, et notamment l'Ecosse, ce roman est une vraie mine d'information. Entre les traditions de chasse au guga, ou le sabbat du dimanche, on découvre au fil de la lecture un monde chargé de traditions, de coutumes et de rites que l'on ne soupçonnait pas. L'affaire policière passe presque au second plan, tant les souvenirs du personnage principal affluent, et construisent un décor extrêmement riche. Les chapitres alternent entre la première et la troisième personne, donnant plus ou moins de recul au personnage sur la situation. 

Lorsque Fin Macleod raconte ses souvenirs, il parle à la première personne, se remémore son enfance, la mort de ses parents, la vie au collège et au lycée. Mais lorsque l'Inspecteur Macleod travaille sur l'enquête de Lewis, un narrateur le met à distance, comme pour bien différencier le passé du présent. Le style de Peter May est incroyable, vivant, recherché. On ne s'ennuie pas une seule seconde, car il a l'art de créer des rebondissements là où l'on ne s'y attend pas. Et même si ce polar n'est pas aussi rythmé que d'autres livres du même genre, il sait emporter le lecteur, tant l'univers créé par l'auteur est précis et vaste. L'auteur a d'ailleurs passé plusieurs années sur l'île de Lewis, afin de travailler sur ce roman et récolter des informations. 


Le risque de faire un roman se déroulant à différentes époques, c'est de perdre le lecteur. Ici, pas de confusion possible, tout est fait afin de guider le lecteur entre les différentes parties du roman. Les personnages évoluent, grandissent, se construisent au fur et à mesure, et leur nature véritable se découvre au fil des pages. On s'attache à eux lorsqu'ils sont enfant, et on les voit différemment en tant qu'adultes. C'est un roman qui m'a donné l'impression d'être extrêmement complet et riche, et c'est pourquoi la suite m'attire énormément. Car cette série est en trois tomes, et le lecteur, charmé par l'Île des chasseurs d'oiseaux, peut suivre son cher Fin Macleod dans l'Homme de Lewis et Le braconnier du lac perdu. 


Peter May. L'Île des chasseurs d'oiseaux. Babel, 2011. 424p.

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