Mardi 25 mars 2014 à 18:01

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La paix dans le monde, mais pas trop non plus... 

L'accusation tenait à ce que le jury garde à l'esprit la façon dont l'inculpée avait été choyée, préservée des coups durs. À y regarder de plus près, cependant, ce n'était en aucun cas la vérité : en même temps qu'Ann découvrait le mal qui régnait dans le monde, elle découvrait sa responsabillité. Tous les merveilleux avantages et privilèges dont elle jouissait dans l'existence n'existaient qu'en raison de l'exploitation des moins chanceux. Tel était l'enseignement des années 1960, l'époque où elle avait grandi. Les victimes dont les souffrances lui tordaient les entrailles – qui d'autres les persécutaient si ce n'était les siens ? Sa race, sa classe. "

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/etnosyeuxdoiventaccueillirlauroresigridnunez.jpgAlors que la fin des années 60 apporte à l'Amérique un vent de liberté et de bouleversements sociaux, Georgette George entame sa première année à l'université. Issue d'un milieu pauvre, cette situation est pour elle la seule solution afin d'échapper à son milieu. Pour Ann également. Sauf qu'Ann Drayton est riche, que ses parents sont présents et l'aiment, et qu'elle n'a rien connu des difficultés de la vie avant d'arriver ici. Georgette devient rapidement amie avec Ann, bien que les combats de cette dernière l'intéressent assez peu. Lutte pour les droits des Noirs, pour les droits des femmes... Il y a encore tellement à faire avant de pouvoir imaginer l'égalité entre les Hommes. La vie se charge de séparer les jeunes femmes, une énorme dispute aussi. Et quelques années plus tard, Georgette tombe dans les journaux sur un article où son ancienne amie est condamnée à perpétuité pour le meurtre d'un policier. Que s'est-il passé ? Et comment ces événements vont avoir un impact considérable sur la vie de Georgette ? En revenant sur son passé, sur sa vie de jeune adulte, Georgette le lie aussi à l'histoire d'un pays, d'une époque. 

Quel coup de coeur que ce roman ! Une vraie belle surprise ! En un seul roman Sigrid Nunez arrive à dresser un tableau précis, complet, fourmillant de détails des Etats-Unis des années 70. On ne se trouve pas ici cantonné au destin d'un seul personnage. Se mêlent celui de Georgette, d'Ann, de la soeur de Georgette, du père d'Ann, de telle ou telle personne croisée en chemin ... Cet enchevêtrement de vies dépeint une ambiance, une époque.
 Pas besoin d'en dire trop, une phrase, un détail, un adjectif suffisent à éclairer tout un pan de l'Histoire. 

On se plonge avec délice dans ce roman dense et vaste où chaque chose a sa place, où chaque phrase a son utilité.
 Et c'est extrêmement plaisant. On a envie de prendre son temps, de rester dans cet univers si longtemps fantasmé par ma génération (Ah les 70's, époque bénie de liberté, de désir de paix, de libération sexuelle) mais que l'auteur sait rendre de manière plus réaliste : La libération sexuelle n'empêche pas bon nombre de femmes de se faire violer, le désir de paix n'empêche pas les gens de se faire poignarder en pleine rue, la liberté oblige des milliers de jeunes à fuguer afin de vivre en communautés où ils trouveront parfois plus à perdre qu'à gagner. 

On lit ce roman à travers les yeux de Georgette, femme attachante, pourtant banale, dans une situation universitaire qui pourrait la sortir de son milieu, qu'elle exècre, et elle n'en fait rien. Elle abandonne l'université, prend un emploi sympathique mais commun, vit une vie à mille lieues de ce qu'elle avait pu espérer. A vrai dire, elle vit beaucoup la vie d'Ann par procuration, de loin, comme si la volonté de préserver cette amitié prenait le pas sur son propre quotidien.
 Et on peut dire qu'Ann demande de l'énergie... Infatigable, militante acharnée, rebelle à l'autorité, au gouvernement, plus attirée par la condition des Noirs que par n'importe quelle personne blanche en difficulté. Une volonté d'aider poussée à l'extrême, comme pour expier le passer d'une famille enrichie dans l'esclavage quelques siècles plus tôt. Une martyre de la ségrégation. Elle pourrait forcer l'admiration, elle agace, elle a tout mais ne veut rien, sa sainteté n'a d'égal que la haine qu'elle inspire. Et cette charmante brebis n'hésite pas à abattre un policier de sang froid ? Quelque chose ne colle pas, et Georgette veut faire la lumière sur ces événements. 

En bref; un roman extrêmement complet qui demande du temps, mais que l'on lit avec un plaisir inchangé du début à la fin. A lire si l'on aime les college novels, les romans fleuves qui englobent presque une vie entière, si l'on s'intéresse aux Etats-Unis des années 60/70, si l'on aime les destins de femmes, si l'on veut passer un excellent moment et se délecter d'une langue parfaitement maîtrisée.
 On pense à ce sens du détail de Joyce Carol Oates, on en redemande. 


Sigrid Nunez. Et nos yeux doivent accueillir l'aurore. Rue Fromentin, 2014. 405p.

Jeudi 2 janvier 2014 à 21:24

 Mer agitée à très agitée - Sophie Bassignac

" Maryline était une femme lente qui devait prendre son temps et le savait. Quand tout s'affolait, elle se rendait dans une pièce capitonnée quelque part dans un coin de sa tête, comme dans un monastère. Là, elle réfléchissait, triait, décidait. Elle respectait ce rythme imposé par sa nature. C'était une forme de sagesse instinctive et obligatoire pour garder l'équilibre et supporter les aléas de l'existence. Lorsque quelque chose la dépassait, elle sentait son organisme lutter pour calmer son coeur et se mettre dans un état proche de l'hébétude. Alors elle ralentissait, naturellement, ses gestes et acceptait petit à petit ce qui lui arrivait." 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/Couv2/9782709645706G.jpg Après une vie agitée de top model mariée à une star du rock, Maryline a quitté New York, mari et fille sous le bras afin de vivre à nouveau dans sa Bretagne natale. La maison familiale a été transformée en maison d'hôtes, le mari n'a pas raccroché les guitares, mais il a au moins arrêté de se poudrer le nez. Après quelques périodes difficiles, la famille vit une petite vie paisible au bord de la mer, les années rythmées par les vacanciers et Miss Merriman, une tante éloignée du rockeur à la retraite, une vieille femme sympathique habituée aux promenades en bord de mer et tasse de thé en fin d'après-midi. La découverte d'un cadavre sur la plage en bas de chez eux jette un froid, surtout que Maryline a des doutes sur l'innocence de son mari dans cette histoire. Et les choses se gâtent encore plus quand l'officier de police venu les interroger s'avère être Simon, l'amour de jeunesse de Maryline, celui qui d'un seul regard pourrait faire remonter tous ses souvenirs à la surface. Le temps se gâte, et on annonce une mer agitée, à très agitée. 

Dès le départ, j'ai su que j'aurais du mal à rentrer dans ce roman.  le couple mannequin/star du rock parti se mettre au vert en Bretagne  ne m'a pas vraiment convaincue, et  le meurtre n'a pas aidé l'affaire. Pourtant les personnages sont attachants. William possède cette touche de fragilité, d'instabilité et de folie qui attendrit, ce petit grain de sable dans l'engrenage qui fait apprécier un personnage. Et Miss Merriman, cette vieille petite femme facétieuse et philosophe, elle m'a attendrie. Elle a un charme désuet de vieille anglaise vissée à sa tasse de thé et à l'amour des belles choses. 

L'enquête policière n'est pas très convaincante, mais je ne crois pas que ce soit le but du roman, le point de l'histoire est plutôt centré sur la confusion des sentiments de Maryline, sur l'éclatement d'une famille lorsque le passé ressurgit, et c'est là que j'ai été gênée. Parce que j'aime bien William, avec sa fragilité et sa maladresse, parce que cette famille était belle jusqu'à l'arrivée de Simon le fantôme du passé. Je n'aime pas Simon, il est fade, il n'a pas de relief, il fait falot, pataud, ver de terre amoureux d'une étoile. Et en un regard, juste parce que quelques souvenirs font surface, Maryline plaque mari et enfant afin d'aller batifoler avec l'officier de police sur le sable mouillé de la première crique venue. Et on devrait les trouver beaux, les deux adultères, on devrait célébrer le retour de l'amour de jeunesse au mépris de la construction d'une famille, Eh bien non, je n'y arrive pas, ça ne me touche pas. 

J'insiste aussi sur la fin du roman, un peu trop romanesque à mon goût, cette histoire de séquestration m'a tout simplement laissée abasourdie. Le style ne m'a pas retournée, par contre ce qui est plaisant c'est la liste de chansons citées par William à la fin du roman. Une vraie playlist rock n' roll à se passer sans modération. Pour le reste, ce roman m'a laissée assez indifférente, et c'est dommage. Je suis peut-être passée  à côté. Il a seulement réussi à m'insurger contre cet adultère sans honte qui n'avait pas lieu d'être, venu briser un mariage heureux et touchant. 


Sophie Bassignac. Mer agitée à très agitée. Lattès, 2014. 247p. 

Lundi 24 juin 2013 à 10:18

 Skippy dans les étoiles - Paul Murray 

" - Pour ton information, il y a deux équipes de première division qui m'ont appelé cet été pour me proposer de me prendre à l'essai.
- La première division de masturbation ? riposte Dennis
- Ouais, si y avait vraiment une première division de masturbation, tu serais David Beckham" ajoute Niall.
S'emparant d'un micro imaginaire, Dennis adopte l'accent relâché de l'Estuaire : 
" La masturbation a beaucoup changé depuis le temps où j'étais un jeune gars, Brian. De mon temps, nous nous masturbions pour le seul amour de la chose. Nous le faisions jour et nuit. Tous mes gamins de notre ville. Sur le vieux terrain vague, contre le mur de la maison... Je me souviens que Maman sortait et criait : "Arrête de te masturber comme ça et rentre prendre ton  thé ! Tu n'arriveras jamais à rien si tout ce à quoi tu penses, c'est à te masturber!" Dingues de masturbation, nous étions. Vos jeunes masturbateurs d'aujourd'hui, cependant, c'est rien que pour l'argent et les contrats publicitaires. Je m'inquiète parfois que la masturbation devienne un sport dévoyé." 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/skippy7d1b4083051w30025d84.jpgDaniel Juster, dit "Skippy", se rend au Ed's, un fast-food du coin, avec Ruprecht Von Doren, dit "Von Turlutte".Jusque là, rien d'anormal. La situation atteint son climax dramatique lorsqu'en plein concours de "qui mangera le plus de beignets?" Skippy s'écroule sur le sol. A partir de là, il faut rembobiner le fil pour savoir comment ces deux adolescents en sont arrivés là.  Le décor ? Seabrook College, une prestigieuse institution irlandaise, son cortège de prêtres enseignants mais aussi d'enseignants normaux. L'internat, les réveils brumeux, le goût du chlore lorsque l'entraînement de natation commence, les journées interminables à traîner avec un obèse qui pense avoir cerné les grands mystères de l'Univers, les médicaments pris en douce, les trafics de Ritaline, la fille au frisbee qui ne posera jamais les yeux sur vous parce qu'elle est bien trop belle pour ça, les jeux-vidéos, les coups de fil à Papa pour continuer le Jeu et surtout, surtout ne jamais parler de Maman... Dans les méandres de l'adolescence, Skippy peine à trouver sa place, mais ce ne sont pas les adultes de Seabrook qui vont pouvoir lui venir en aide. Soit ils ont autre chose à faire, soit ils s'en foutent totalement, soit leurs problèmes sont beaucoup plus importants que ceux de Skippy. Dans ce climat de belle hypocrisie, de malaise adolescent et de questions existentielles, Skippy va mettre en marche quelque chose de beaucoup plus grand que lui, mais cela, il ne le sait pas encore. 

Skippy dans les étoiles est un roman auquel on peut accrocher, ou pas, mais qui ne peut pas laisser son lecteur indifférent. Les thèmes abordés par Paul Murray sont totalement d'actualité et interpellent, dérangent. Le lecteur est plongé au coeur de la vie d'un établissement scolaire privé et découvre la vie des élèves comme celle des professeurs. 

Les personnages sont nombreux, mais Paul Murray prend le temps de leur donner à tous une personnalité, un relief. On s'attache à certains, et on en méprise beaucoup d'autres. Skippy est un garçon extrêmement attachant, totalement perdu, ayant besoin d'aide mais ne trouvant aucune main tendue face à son malaise. Noyé parmi tant d'autres élèves, il passe totalement inaperçu. Sa timidité, sa stature chétive et sa discrétion ne l'ont jamais démarqué des autres élèves et il faut attendre une manifestation physique de son mal-être pour qu'il sorte enfin du lot. 

Avec un humour assez cynique et parfois décalé, comme on peut le voir dans l'extrait choisi au début de l'article, l'auteur nous plonge dans la vie de ces adolescents. On n'échappe ni aux blagues grasses et douteuses, ni aux petites mesquineries quotidiennes, et c'est la force de ce roman. On passe totalement du côté des élèves et l'on contemple l'indifférence du corps enseignant. Et lorsque l'on passe du côté du corps enseignant, on remarque que les préoccupations les plus importantes n'ont rien à voir avec les élèves. Un monde sépare adolescents et adultes, et seul un évènement imprévisible et perturbant va permettre de les relier. 

C'est un roman très bien écrit, dont les presque 700 pages se dévorent facilement, une fois le décor bien planté. Cette alternance d'humour noir et grinçant et de passages assez émouvant laissent une étrange impression qui n'est pas déplaisante. On se prend d'affection pour ces jeunes, on leur en veut de se laisser si facilement attirer par la drogue, la volonté de faire n'importe quoi, le manque de respect dont ils font preuve au quotidien. Mais en y réfléchissant, on se demande si c'est réellement leur faute. A vivre dans un environnement qui ne fait aucun cadeau, où chaque jour est une résistance aux autres, tout cela sous une protection factice d'adultes qui se désintéressent de tout ce qui ne se rapporte pas à leur petite vie, ne deviendrait-on pas exactement comme eux ? Ne serions-nous pas tentés par quelques cachets de Ritaline, par l'humiliation des plus faibles, la transgression permanente des règles, rien que pour le plaisir de se savoir en vie ? C'est un roman qui pose des questions, notamment sur la gestion des adolescents en Irlande, sur le fossé creusé entre ce qu'attendent ces institutions prestigieuses et la réalité de ce que peuvent donner ces jeunes. C'est un roman qui confronte deux mondes, les adultes et ceux qui apprennent à le devenir.  C'est un roman à lire si l'on s'intéresse au côté sociologique des choses (comme ça avait pu être le cas dans Une place à prendre), mais aussi si l'on a envie de côtoyer Skippy et sa bande de copains. Et de savoir s'il finira par embrasser la belle Lori, parce que finalement, à son âge, c'est peut-être sa préoccupation la plus importante...

Encore une fois je tiens à remercier les éditions Belfond pour m'avoir envoyé ce roman.
  Et je vous mets aussi l'avis de Chocoladdict, qui a comme moi lu et aimé ce roman 


Paul Murray. Skippy dans les étoiles. Belfond, 2013. 676p. 

Mercredi 16 novembre 2011 à 9:16

 
 Not Fade Away - Jim Dodge

" Au moment où je me suis barré au volant de cette Eldorado braquée, tu comprends, j'avais pas médité sur les définitions métaphysiques et délicieusement insondables de la liberté, non : ce plaisir dingue et furieux qu'il y a à mettre les bouts pour de vrai, je le ressentais. Ebloui par la lumière de l'aube qui modelait le pont, la baie et les collines de l'autre côté, j'avais la sensation d'avoir abattu un mur et d'être passé de l'autre côté, épuré. Sans la moindre idée de ce qui m'attendait ni de comment ça finirait, mais libre de le découvrir. 
Quand j'ai traversé le pont de Bay Bridge et pris à droite vers Oakland et la rampe d'accès à la 580, je carburais au romantisme. Mon noble geste, ce don que j'apportais, je ne le faisais pas parce qu'il était essentiel ou nécessaire à l'existence - qu'est-ce qui l'est vraiment ? - mais justement parce qu'il ne l'était pas ; j'avais aucune raison de prendre des risques sinon mes raisons à moi. " 

http://et-en-plus-elle-lit.cowblog.fr/images/nfacouv-copie-1.jpg George Gastin est un réparateur, dépanneur de voitures sur le bord de la route. C'est comme cela qu'il rencontre celui que l'on prend pour le personnage principal. Or c'est faux. Parce que c'est George le personnage principal, le narrateur qui n'attend qu'une oreille attentive afin de déverser son flot d'histoires. Ou plutôt une histoire. Simple et si complexe à la fois, et qui va nous embarquer dans une course folle sur les routes des Etats-Unis. Dans sa jeunesse, George a vécu à San Fransisco. Il y a dépanné des voitures, et s'est fait un peu de supplément en détruisant des voitures destinées aux fraudes à l'assurance. Un jour, on lui confie une mission. Il doit détruire une superbe Cadillac Eldorado qui appartenait à une vieille dame, décédée depuis plusieurs années. La voiture est toute neuve, et devait être offerte en cadeau au Big Bopper, ce chanteur ayant trouvé la mort dans un accident d'avion avec Buddy Holly et Ritchie Valens. George décide d'accomplir un geste noble et d'aller déposer la voiture sur les lieux de l'accident pour y mettre le feu. Malheureusement, tout ne se passera pas comme prévu, mais ce n'est pas cela le plus important. Ce qui compte, c'est la route, les rencontres au hasard, l'éveil provoqué par les amphétamines, la vie en quelque sorte. Et tout ceci bien sûr avec une caisse de vinyles sur le siège passager et de quoi les écouter à l'arrière. 

J'ai été enchantée par ce roman psychédélique, digne enfant de la beat generation ( dont Kerouac faisait partie.) On trouve un personnage principal complètement attachant, un peu paumé, sans grande idée de ce qu'il veut devenir. Et cette clarté quand il se rend compte que sa "mission", son don, c'est d'aller porter cette voiture là où elle aurait dû arriver depuis longtemps. Cette atmosphère rock berce tout le roman, et le personnage découvre en même temps que nous certains classiques de l'époque. Bien sûr, cela peut faire penser à Sur la route, de Jack Kerouac, mais je pense que tous les romans traitant de la route, de l'errance dans les années soixante, ont un petit lien avec Kerouac. George Gastin se fait d'ailleurs passer pour Kerouac devant un couple d'amoureux et promet de leur envoyer une carte postale. On peut y voir comme un hommage au pionnier du genre. Les rencontres de George vont être plus invraisemblables les unes que les autres, mais si riches que cela va l'accompagner pour un bon bout de chemin. Bien sûr, il faut prendre les trois quart de ce roman de manière métaphorique ( comment interpréter autrement le loufoque trip au LSD de notre jeune homme en quête d'expérience défiant les lois de la rationalité.)  mais c'est justement cet entre-deux, ce sentiment d'invraisemblance qui fait toute la poésie de ce roman. Voilà une plongée un peu plus en profondeur dans la littérature américaine, qui me plaît de plus en plus au fur et à mesure que je la découvre. 


Jim Dodge. Not Fade Away. Paris : Cambourakis, 2011. 370p.

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