Parce que j’aime porter ma fille en écharpe

Parce qu’il y a une grande différence entre porter et porter. Les poids sont portés, passivement et difficilement. Un enfant, en revanche, est emmené avec lui à la découverte de la vie. En tenant compte au maximum de ses besoins et de sa volonté.

Car voyager à hauteur “d’adulte” offre à un enfant un autre point de vue, plus participatif, plus impliqué, plus démocratique. Plus conscient. Elle lui permet de regarder les gens en face, de tendre la main vers ce qui l’intrigue, de respirer les mêmes odeurs que sent l’adulte qui le porte. Regarder le monde “sur un pied d’égalité”, et pas toujours de bas en haut.

Car le sentiment de confiance inconditionnelle d’un petit enfant qui, “seulement” sécurisé par une bande de tissu, se laisse peu à peu aller sur la poitrine ou le dos d’une mère ou d’un père, est l’essence même de la parentalité. Et ceux qui n’ont pas la chance et la curiosité de l’essayer au moins une fois, à mon avis, perdent une expérience d’une beauté inestimable.

Parce qu’il y a quelque chose de symboliquement très fort à porter ses enfants sur ses épaules et à les transporter à travers le monde jusqu’à ce qu’ils soient capables de le faire par eux-mêmes. Pour les relever, littéralement et métaphoriquement, des fatigues et des embûches du sol. Prendre en charge, au sens strict du terme.

Parce que c’est un geste ancestral et instinctif, la première chose qui vous vient quand vous regardez votre enfant. Je vais t’emmener et t’emmener avec moi : nous voyagerons ensemble, proches les uns des autres, nous nous réchaufferons s’il fait froid et nous transpirerons de la même sueur quand la température montera. Nous regarderons le monde de la même hauteur, mais avec des perspectives différentes. Et tout cela, pour moi, est la définition parfaite de la famille.

Parce qu’être en écharpe permet de mieux comprendre les besoins d’un enfant : s’il a faim, chaud, froid, peur. S’il a sommeil, s’il veut jouer ou quitter le groupe lui-même. Le dialogue, verbal ou autre, a moins de filtres, peu d’interférences. C’est plus efficace et plus simple.

Car sentir le poids d’un enfant qui s’alourdit de mois en mois, et en même temps s’entraîner chaque jour à le supporter, ajuster sa force à la mesure de l’épreuve à laquelle on est soumis, c’est une salle de gym extraordinaire pour le corps et le coeur. Qui apprennent, physiquement et pas seulement, à supporter de mieux en mieux l’engagement de la maternité et de la paternité.

Parce que porter une écharpe est toujours un choix partagé entre parent et enfant, même si de l’extérieur cela peut sembler le contraire. S’il peut être très difficile de convaincre un enfant réticent de s’asseoir dans la poussette, il est absolument impossible de “forcer” un bébé qui ne veut pas être attaché dans l’écharpe à ce moment-là.

Car c’est un nœud qui se resserre, mais jamais plus qu’il ne le devrait. Un câlin qui réchauffe sans suffoquer. Un effort doux, léger, nécessaire. Un morceau de route, peau à peau, cœur à cœur. Ensemble, voisins.

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